Nouvelle année, nouvelle manière de faire pour l’Etat du Valais. Le canton a décidé de minimiser les quantités de benzidine rejetées dans le Rhône. Désormais, l’eau pompée dans la région de Viège pour stabiliser le niveau de la nappe phréatique, dans le cadre des travaux de troisième correction du fleuve, et polluée par cette substance cancérogène sera traitée avant d’être rejetée dans le cours d’eau.

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Arrivée à échéance à fin 2019, l’autorisation temporaire de pompage, délivrée sous condition par le Service de l’environnement (SEN) du Valais, devait être réévaluée. Il sort de cette réflexion, menée à l’aune des nouvelles connaissances et des analyses complémentaires réalisées concernant cette pollution détectée fin 2018, qu’un durcissement des mesures est nécessaire.

Eau désormais considérée comme «polluée»

«La différence entre les deux autorisations réside dans la qualification de l’eau rejetée», précise Christine Genolet-Leubin, la cheffe du SEN. Désormais, et en accord avec l’Office fédéral de l’environnement, cette eau est considérée comme «polluée». Elle doit donc être traitée avant son rejet dans le Rhône, et ce afin de «minimiser la quantité de benzidine rejetée, en tenant compte des possibilités techniques et de la proportionnalité», insiste l’Etat du Valais dans un communiqué. Ainsi, des tests seront réalisés sur plusieurs puits et, s’ils s’avèrent concluants, il sera alors décidé, en accord avec la Confédération, du nombre de puits qui seront pourvus de filtres.

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La question du rejet de cette eau chargée de benzidine a gagné en importance en marge du départ mouvementé de l’ancien chef du SEN. Dans les nombreux documents qu’il a remis aux autorités de surveillance du canton, après avoir donné sa démission en juin dernier, Joël Rossier faisait part de ses préoccupations quant à l’augmentation de cette pollution, qui s’échappe de la décharge de Gamsenried, utilisée par le groupe chimique Lonza entre 1918 et 1978 pour déposer ses résidus de production chimique.

Le Valais aurait pu mieux faire par le passé

Selon l’ancien chef de service, cette pollution pourrait être due aux travaux de la troisième correction du Rhône. Modifier aujourd’hui les exigences de pompage, n’est-ce pas lui donner raison? Et ainsi démontrer que le Valais, qui a toujours argumenté qu’il vérifiait que l’eau rejetée respectait les normes, agissait de manière erronée? «Non, rétorque Christine Genolet-Leubin. Les études réalisées et l’état actuel des connaissances permettent d’évaluer différemment la situation. C’est pour cela que nous avons durci les règles.»

La cheffe du SEN souligne toutefois que le canton aurait «peut-être pu mieux faire par le passé, mais cela ne signifie pas qu’il agissait complètement faussement». Et d’ajouter que, même avec les nouvelles exigences, il sera difficile de tout traiter.