Élections fédérales

Les Haut-Valaisans ont marché sur Berne

Après soixante-quatre ans d’attente, le Haut-Valais est à nouveau représenté au Conseil fédéral, grâce à Viola Amherd. Nombre de ses supporters avaient fait le déplacement de Berne pour vivre cette journée pas comme les autres

La surprise est générale et l’explosion de joie d’autant plus belle. Personne ne s’attendait à l’élection de Viola Amherd au Conseil fédéral, après un tour de scrutin seulement. Réunis au restaurant Schmiedstube à Berne, les membres du PDC haut-valaisan exultent. La salle est debout. Les quelque 150 personnes présentes se serrent dans les bras. Après soixante-quatre ans d’attente, et le décès de Josef Escher alors en poste, le Haut-Valais retrouve un siège au gouvernement fédéral.

«C’est un moment historique», jubile le président de la SSR, Jean-Michel Cina. Pour l’ancien conseiller d’Etat valaisan, cette élection est un vrai témoignage de la confiance que porte le parlement fédéral à Viola Amherd: «Ce plébiscite, dès le premier tour, est une reconnaissance du travail qu’elle a accompli sous la Coupole.»

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Le fendant débouchonné rapidement

Notre montre affiche 9h32. Viola Amherd est élue depuis dix minutes à peine que l’eau minérale et le café font place au fendant. «Normalement, on ne débute pas l’apéro avant que la petite aiguille atteigne un nombre à deux chiffres, mais il y a des jours où les règles ne tiennent plus», rigole Philipp Matthias Bregy, qui remplacera Viola Amherd au Conseil national.

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S’il a également été ovationné par la salle, Philipp Matthias Bregy met sa personne de côté. «Aujourd’hui, c’est la journée de Viola et la journée du Valais», insiste-t-il, les yeux remplis d’émotion. Si elle est issue de la minorité linguistique du canton, Viola Amherd sera la conseillère fédérale du Valais dans son ensemble, de Gletsch à Saint-Gingolph selon l’expression consacrée, au même titre que ses trois prédécesseurs, Josef Escher (PDC), Roger Bonvin (PDC) et Pascal Couchepin (PLR).

Jean-Michel Cina, lui, voit dans la première conseillère fédérale valaisanne une digne représentante des régions périphériques. «Viola Amherd incarnera les régions de montagne au sein du gouvernement, souligne-t-il. C’est très important pour l’équilibre de ce collège.»

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Hymne et drapeaux valaisans

Les analyses plus approfondies se feront un autre jour, l’heure est à la fête. Peu après l’élection de Karin Keller-Sutter, les supporters de Viola Amherd rejoignent, en cortège, la place Fédérale pour accueillir leur héroïne. Les drapeaux aux 13 étoiles flottent dans le ciel bernois. L’hymne valaisan résonne dans les ruelles de la capitale, avant que la fanfare de Glis ne l’interprète au pied du Palais fédéral.

Le conseiller national socialiste Mathias Reynard se mêle à la foule, composée notamment de Valaisans et de Saint-Gallois. Il avoue avoir versé une larme lorsque Viola Amherd a pris la parole devant les parlementaires pour accepter son élection. «Je ne l’ai jamais caché, j’admire Viola Amherd, malgré nos différences partisanes», glisse-t-il.

Les minutes sont longues, mais personne ne veut manquer la première apparition de Viola Amherd en tant que conseillère fédérale élue. Cette dernière fait enfin son apparition sur la place Fédérale aux alentours de 11h40. Le bain de foule dure moins de dix minutes. Un avant-goût de la réception officielle qui aura lieu jeudi prochain en Valais.

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