Depuis toujours j’aime avoir la tête en bas. C’est la raison qui m’a poussée à pratiquer le break en juin 2013. Avant de commencer, je n’arrivais absolument pas à improviser. Petit à petit, j’ai pris de plus en plus confiance en moi et j’ai, de ce fait, plus de plaisir à danser.

Apprendre de nouvelles figures, tomber, réessayer, échouer à nouveau et cela plusieurs semaines de suite, demande énormément de patience, de motivation ainsi que de courage. Malgré tout, lorsque je parviens à effectuer une figure plus ou moins complexe, c’est avec fierté et satisfaction que je quitte le cours et c’est ce que j’aime. Le breakdance me permet de faire une pause dans le stress constant de mes semaines d’école. Pour moi, la danse est un très bon moyen d’exprimer des sentiments que je ne parviens pas à dire avec des mots. Elle me permet de m’éclipser dans un univers qui m’est propre et dans lequel je me sens bien, libre de créer, loin des contraintes, en phase avec mon imaginaire.

Pour les bad boys, vraiment?

Avant que je commence à le pratiquer, je pensais que le break était encore une danse de rue pratiquée par des «bad boys» sur des musiques saccadées suffisant à me faire changer de trottoir en les voyant. Mais par la suite, j’ai très vite constaté que j’étais très loin de la réalité.

Aujourd’hui, les jeunes sont portés par les performances des «Crews» dans les clips et battles télévisés, ce qui contribue largement à leur notoriété.

Le plaisir de se mettre en scène

Ma fascination pour cet art est due notamment à la complexité des acrobaties effectuées par les danseurs. Je les envie et les admire. Par exemple, pour réussir des «freezes» (figures figées) qui demandent un entraînement musculaire complet, il faut de la rapidité, de la force, oser défier les lois de l’équilibre. J’aime le côté spectaculaire du rendu visuel, tout en conservant l’esprit de rue, cela me permet de jouer avec mon image, de me mettre en scène.

Pas de mauvais pas

Le côté marginal, issu des «bas quartiers», me fascine autant qu’il me fait peur. J’aime cette idée de jouer avec les limites sans se mettre en danger. Je trouve que les danseurs renvoient une image très tendance. Au-delà de l’effet de mode, c’est une véritable philosophie qui se développe. Mon prof de «break», Alex, danseur dans le «Nuncha Crew» et enseignant professionnel, revendique la dimension académique de la discipline. Il danse le break depuis qu’il a 13 ans suite à la vision de plusieurs clips vidéo qui lui ont donné très envie. Pour lui, il n’y a aucun mauvais pas, chacun a sa propre façon d’interpréter les mouvements, et c’est ça qu’il aime.

Les informations qui figurent dans cet article proviennent uniquement de mon entourage et de mon prof Alex.

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