Le parlementaire thurgovien UDC Hermann Lei est coupable de tentative d’initiation et de com­plicité de violation du secret bancaire dans l’affaire Hildebrand. Le verdict du Ministère public zurichois annoncé mardi condamne l’avocat à une peine avec sursis de 150 jours-amendes à 110 francs, soit 16 500 francs, et à une amende de 3300 francs.

Parallèlement, il classe la procédure ouverte contre le couple Philipp et Kashya Hildebrand pour violation de la norme pénale sur le délit d’initié car «des affaires avec des devises ne tombent pas sous le coup de cette norme». Il était reproché à Kashya Hildebrand d’avoir fait des transactions de devises peu avant l’introduction du cours plancher de l’euro en été 2011.

Pour le procureur Robert Braun, l’avocat Hermann Lei a activement fait en sorte qu’un employé de la Banque Sarasin transmette des données bancaires confidentielles à Christoph Blocher le 3 décembre 2011. Il aurait parallèlement lui-même confié des listings dans une enveloppe fermée à un journaliste de la Weltwoche ainsi qu’au conseiller national UDC. Le 5 janvier 2012, l’hebdomadaire alémanique publiait une copie des relevés bancaires des opérations en devises de l’ex-président de la Banque nationale suisse et de son épouse.

L’avocat d’Hermann Lei, Valentin Landmann, a confirmé mardi qu’il entendait faire recours auprès du tribunal. «Je suis convaincu que mon client n’a pas commis ces délits», a-t-il précisé au Blick. Paral­lèlement, il se réjouit de voir Hermann Lei libéré des soupçons d’atteinte au secret de fonction: il a agi en tant qu’ami d’enfance du collaborateur de Sarasin, Reto T., et non en tant qu’avocat.

Encore Blocher

L’enquête zurichoise n’est pas terminée. Le cas Christoph Blocher l’occupe encore. En mars dernier, le Tribunal cantonal a jugé que la perquisition qui avait eu lieu chez lui à Herrliberg ainsi qu’au siège de l’une de ses sociétés, une année auparavant, soit le 20 mars 2012, était légale. Le conseiller national a fait recours auprès du Tribunal fédéral. Le Ministère public n’a de ce fait pas accès aux documents saisis censés préciser le pourquoi de la rencontre du tribun zurichois avec Hermann Lei et l’informaticien Reto T. en décembre 2011.