Hervé Falciani était «un garçon très sociable», qui parlait volontiers et qui travaillait dans une équipe où «l’ambiance était bonne», a dit l’ancien responsable du «support» informatique de HSBC à l’époque des faits. Il est entendu comme témoin mercredi devant le Tribunal pénal fédéral.

La troisième journée du procès de l’ex-informaticien de l’établissement genevois, à l’origine de la plus grosse affaire de vol de données dans une banque suisse, est consacrée à l’audition de plusieurs collègues de l’accusé.

Le système a été amélioré depuis, mais on ne peut pas dire que des mesures n’existaient pas avant

«Encore aujourd’hui, je n’ai pas vraiment compris comment il avait fait» pour dérober les données des trois quarts environ de la clientèle, explique ce premier témoin, entendu dès 8 heures ce mercredi, qui dément que le système informatique de la banque ait présenté, à l’époque, des failles béantes. «Le système a été amélioré depuis, mais on ne peut pas dire que des mesures n’existaient pas avant.»

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«Bon technicien»

Hervé Falciani «se considérait comme un bon technicien et il l’était». Assidu au travail, il venait régulièrement le week-end, comme bon nombre de ses collègues – les interventions sur le système informatique devant souvent se dérouler hors des heures de travail normal. La pression était forte, car la banque était en train de changer son système informatique. Dans un premier temps, HSBC à Genève avait prévu de reprendre un programme développé par la filiale du groupe à Monaco, où travaillait déjà Hervé Falciani. C’est donc pour assurer cette transition que l’accusé est arrivé à Genève. Mais le projet a finalement été abandonné. Un autre système, développé à Zurich, a été choisi. Hervé Falciani a tout de suite proposé de collaborer également à ce projet.

A cette époque, il n’y avait aucune suspicion qu’il ait pu y avoir des failles ou des intentions d’exploiter des failles

«Il avait besoin de reconnaissance, et j’ai entendu dire parfois qu’il ne se sentait pas assez écouté», a reconnu l’ancien cadre entendu mercredi. «Mais c’était toujours en rapport avec des projets, des idées qu’il avait, et c’était dit plutôt sous forme de plaisanterie.»

A entendre cet ancien collègue, Hervé Falciani n’a donc éveillé la méfiance de personne et n’a jamais fait état de critiques ou de doutes ni quant à la sécurité du système informatique, ni quant aux pratiques générales de la banque. «A cette époque, il n’y avait aucune suspicion qu’il ait pu y avoir des failles ou des intentions d’exploiter des failles» dans le système informatique.

L’audition du témoin se poursuit. Trois autres ex-collègues d’Hervé Falciani sont attendus ce mercredi au Tribunal pénal fédéral.