La première élection: 16 novembre 1848. L’Assemblée fédérale élit les sept premiers conseillers fédéraux. Trois conseillers nationaux et trois conseillers aux États sont élus au gouvernement. Le septième élu (Druey) avait préalablement refusé d’être élu au Conseil des États.

La dernière élection: 10 décembre 2008. Ueli Maurer (UDC/ZH) est élu de justesse au troisième tour de l’élection au Conseil fédéral. Et devance d’une voix son collègue de parti Hansjörg Walter, soutenu par le centre-gauche. Ce dernier a donc raté sa tentative de court-circuiter le «diktat» de l’UDC. Toute la matinée de l’élection, la tension était grande dans les travées du Parlement. Après le premier tour, les candidatures du père de l’UDC et ancien conseiller fédéral Christophe Blocher et celle du conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD) ont été retirées. Au deuxième tour, le patron de l’Union suisse des paysans Hansjörg Walther a manqué la majorité absolue d’une seule voix, récoltant 121 voix contre 119 à Ueli Maurer. Plus tôt, Hansjörg Walther avait pourtant déclaré qu’il refuserait une éventuelle élection.

Les élections la plus courte et la plus longue. Dans l’histoire du Conseil fédéral, septante-trois élections se sont soldées par l’obtention de la majorité absolue au premier tour. Quant aux plus longues, on en dénombre quatre, réglées en six tours, la dernière étant l’élection de Samuel Schmid (UDC/BE) en 2000.

L’élection-éviction: 12 décembre 2007. Depuis la première élection en 1848, seuls quatre conseillers fédéraux en poste n’ont pas été réélus. Après la démocrate chrétienne Ruth Metzler, le dernier ministre à avoir été évincé s’appelle Christoph Blocher. Elu quatre ans plus tôt, celui-ci n’aura donc fait qu’un aller-retour. Le mercredi 12 décembre 2007, l’Assemblée fédérale élit Eveline Widmer-Schlumpf, au deuxième tour avec 125 voix, contre 115 à Christoph Blocher. N’étant pas parlementaire fédérale, la cheffe grisonne des finances, âgée de 51 ans, n’était pas sous la Coupole au moment de son élection. Elle n’acceptera son élection que le lendemain. L’Union démocratique du centre entend exclure Eveline Widmer-Schlumpf et annonce qu’elle entre dans l’opposition.

L’élection historique: 3 mars 1993. «Je l’annonce officiellement: je dois refuser mon élection au Conseil fédéral.» Ce mercredi 10 mars 1993, le Neuchâtelois Francis Mathey renonce à enfiler le costume que le parlement lui a tendu une semaine plus tôt. Retour en arrière. Le 13 janvier 1993, René Felber annonce sa démission pour raison de santé. L’élection de son successeur est agendée au mercredi 3 mars. Deux favoris s’imposent rapidement: Francis Mathey, conseiller national et conseiller d’Etat, ancien maire de la Chaux-de-Fonds, et la Genevoise Christiane Brunner, conseillère nationale et présidente du syndicat FTMH.

Le 3 mars, alors que des dizaines de femmes sont rassemblées devant le Palais fédéral, Francis Mathey est élu au deuxième tour, par 130 voix contre 108. Et la machine s’emballe. Dehors, sous la neige, les femmes sont en larmes. A l’intérieur, l’agitation est telle que Francis Mathey monte à la tribune et propose une suspension de séance. Le groupe socialiste se réunit dans l’urgence et demande une semaine de réflexion pour trouver des solutions. L’Assemblée fédérale élit le socialiste Francis Matthey au Conseil fédéral, au détriment de la candidate officielle du PS, Christiane Brunner. Sous la pression des instances socialistes, le conseiller national neuchâtelois renonce une semaine plus tard à accepter son élection. Ruth Dreifuss est finalement élue, et devient la deuxième femme à entrer au gouvernement après Elisabeth Kopp.

L’élection surprise: 6 décembre 1973. Coup de théâtre: les trois candidats officiels, Arthur Schmid, Enrico Franzoni et Henri Schmitt, sont battus par des outsiders, Willi Ritschard, Hans Hürlimann et Georges-André Chevallaz accèdent au Conseil fédéral

L’élection la plus contestée: 7 décembre 1983. «Ce dernier mercredi aura été, à Berne, la plus longue matinée de la session. C’est en effet dans un climat d’extrême tension que l’on a assisté à l’élection du socialiste soleurois Otto Stich et du radical vaudois Jean-Pascal Delamuraz. […] L’Assemblée fédérale s’est immédiatement retrouvée au cœur de la controverse, devenue particulièrement vive dans la soirée de mardi, sur la candidature socialiste. […]

Les partis bourgeois étaient-ils parvenus dans la soirée à se mettre d’accord sur une candidature socialiste alternative à celle de Lilian ­Uchtenhagen en la personne du Soleurois Otto Stich? L’exercice, apparemment, avait fonctionné mieux qu’on ne l’aurait cru, puisque le président André Gautier pouvait annoncer l’élection de ce dernier au premier tour par 124 voix, soit une de plus que la majorité absolue. Un torrent d’applaudissements saluait cette annonce à droite, une incrédulité glacée à gauche. Eliminée avec 96 voix, la candidate officielle du parti socialiste, Lilian Uchtenhagen, acceptait le verdict avec une superbe dignité». (Journal de Genève, 1983)

La plus progressiste: 2 octobre 1984.Pour la première fois, une femme est élue au Conseil fédéral: Elisabeth Kopp (PRD, Zurich) l’emporte sur l’Argovien Bruno Hunziker.