Olivier Mach est décédé il y a quelques jours, à la suite d’un accident cardiovasculaire. On le savait de santé fragile, mais son départ reste inacceptable pour sa famille et pour tous ceux qui l’ont connu et admiré. Après des études de droit et un doctorat à l’Institut de hautes études internationales, Olivier Mach n’avait pas suivi une carrière médicale et universitaire à laquelle le prédestinait son milieu familial. Il s’impose comme avocat dans une grande étude de la place genevoise, dont il devint l’associé.

Cette voie lui convenait, parce qu’il aimait approfondir des dossiers humains compliqués, poursuivre des recherches rigoureuses et qu’il était doué pour la conciliation. Il se spécialise dans le droit européen, en particulier dans les problèmes de liberté de circulation et d’immigration. Mais ses activités professionnelles n’épuisent pas ses intérêts. Il s’engage très tôt dans la Genève internationale, en mettant sur pied le «club international universitaire», en se mobilisant dans le jeune «club diplomatique» et le «cercle des amitiés étrangères», en accueillant dans sa maison avec son épouse Helena des personnes de tous horizons culturel et social, s’efforçant ainsi de créer des ponts et des amitiés avec les gens travaillant au sein des organisations internationales et des ambassades.

Il a présidé l’Organisation mondiale contre la torture

Vers la fin des années 1980, il entre dans le Conseil de l’Organisation mondiale contre la torture, comme trésorier, avant d’en assumer la présidence de 2005 à 2008. Il contribue par son entregent, sa générosité personnelle et ses compétences de juriste au développement et au rayonnement international de cette organisation, se mobilisant avec passion dans les débats portant sur les meilleures stratégies à mettre en œuvre pour lutter contre la torture et pour protéger partout les droits de la personne, conformément aux principes et aux normes des Nations unies.

Il s’active également au sein de la Fondation Patiño, dont le siège est à Genève, et qui accueille chaque année dans nos universités lémaniques de nombreux étudiants boliviens, tout en poursuivant d’importants programmes dans les domaines des soins de santé primaire, de la culture et de la recherche agricole en Bolivie. Il a assumé la présidence de cette institution pendant plusieurs années.

Une fidélité

Olivier Mach était une personnalité rassemblant beaucoup de qualités humaines. Il était doué pour l’amitié, toujours fidèle à cet égard. Il s’intéressait aux autres, à tout ce qui est humain. Il était discret, assumait sa réussite professionnelle avec humilité. Il avait un grand sens de l’humour, qu’il retournait volontiers contre lui-même. Il était direct, authentique et franc, soucieux de rigueur éthique. Son refus des conventions s’exprimait aussi dans son souci de comprendre un large éventail d’orientations politiques. Il était toutefois un Européen convaincu et sans tolérance pour les dérives populistes qui minent le climat politique helvétique. A son épouse Helena et à ses enfants vont nos pensées d’amitié et de sympathie.