Scandale

La honte s'abat sur un député vert après un dérapage antisémite

Le conseiller Jonas Fricker a comparé les transports de porcs aux trains plombés d'Auschwitz, provoquant l'outrage du monde politique. L'Argovien a présenté ses excuses à la communauté juive

Le débat sur l'initiative populaire «Pour des aliments équitables» lancée par les Verts promettait de s'enliser dans l'ennui le plus total jeudi au Conseil national. Mais le Vert argovien Jonas Fricker, 38 ans, l'a extrait de sa torpeur avec une déclaration qui a déclenché un scandale général: «Vous connaissez les images et les documentaires qui montrent les choquantes conditions dans lesquelles les animaux sont transportés en masse vers la mort. Ces images de porcs m'ont rappelé celles des déportations en masse vers Auschwitz dans le film La Liste de Schindler. Je n'y peux rien, cela s'est simplement passé. Les gens qui étaient déportés là-bas avaient au moins une chance de survivre. Les cochons, eux, sont conduits irrémédiablement à la mort».

Cette comparaison a choqué les élus de tous bords politiques. Surtout ceux de son propre parti. L'ancien conseiller national Jo Lang a immédiatement dénoncé sur Twitter «le déraillement choquant de Jonas Fricker, un outrage grave aux fondamentaux humanistes». Le chef du groupe parlementaire Balthasar Glättli a qualifié le parallèle tiré par son collègue d'«inacceptable. Les Verts réprouvent cette déclaration injustifiable. Nous l'avons tout de suite signifié à Jonas Fricker.»

Conscient d'avoir dérapé, l'indélicat Argovien a exprimé ses regrets au Conseil national. Il a téléphoné puis envoyé un message au secrétaire générale de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), Jonathan Kreutner, pour lui présenter ses excuses «pour cette comparaison blessante et inappropriée».

La FSCI les a acceptées et compte en rester là: «Après que Jonas Fricker s'est excusé, cela ne ferait avancer personne de continuer à faire de ce faux-pas un scandale. Pour la FSCI, cette affaire est réglée, mais elle restera en contact avec lui».

Publicité