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A deux mois des élections cantonales, le scrutin du 12 février constitue un test majeur pour le Conseil d'Etat neuchâtelois, en particulier pour les ministres Laurent Kurth (à droite) et Laurent Favre (assis, à gauche), chefs des départements des ...
© Jean-Christophe Bott, Keystone

Votations

Hôpital, routes: Neuchâtel a rendez-vous avec son futur le 12 février

La réforme hospitalière cantonale et le fonds fédéral routier Forta, soumis au peuple, sont deux objets-clés pour le développement du canton. Avec solennité, le Conseil d'Etat en rappelle l'importance  

Soulagé par l'adoption in extremis du budget cantonal 2017 par la majorité qualifiée du Grand Conseil jeudi à minuit moins cinq – malgré un déficit de 50 millions qui oblige à déroger au frein aux dépenses –, le Conseil d'Etat neuchâtelois, candidat in corpore à sa réélection le 2 avril 2017, se lance tout aussi collégialement dans la campagne en vue d'une double votation d'importance pour le canton, le 12 février prochain. 

Le gouvernement prône l'adoption d'un objet cantonal, la réorganisation spatiale de l'hôpital cantonal, avec les soins aigus centralisés à Pourtalès à Neuchâtel et la réadaptation elle aussi concentrée dans un nouvel hôpital à construire à La Chaux-de-Fonds. Il soutient également le fonds routier fédéral Forta, grâce auquel Neuchâtel souhaite faire rénover le tunnel sous la Vue-des-Alpes et construire les contournements autoroutiers du Locle et de La Chaux-de-Fonds.

L'Hôpital: le débat qui déchire le canton

Fort du succès du vote favorable au programme de mobilité 2030, en février dernier, le gouvernement neuchâtelois aborde la campagne en vue du 12 février avec sérénité. Il ose même un optimisme prudent. Même pour la réforme hospitalière qui déchire pourtant le canton depuis des lustres.

Le ministre de la Santé Laurent Kurth s'appuie sur le débat parlementaire favorable. Les opposants au programme centralisateur ont été largement minorisés.

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Le projet gouvernemental, qui comprend aussi trois policliniques garantissant les soins de proximité, est opposé à une initiative populaire déposée par les Montagnes, «Pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires», soit le maintien de deux établissements généralistes à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel.

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Il y a la possibilité de voter deux fois oui, puis de faire son choix dans la question subsidiaire. Mais Laurent Kurth estime le jeu dangereux. Pour lui, il faut rejeter l'initiative qui propose un «impossible retour en arrière» dans un domaine hospitalier en mouvement.

D'aucuns estiment qu'avec ses finances dans le rouge vif, Neuchâtel n'a pas les moyens de ses ambitions hospitalières. Laurent Kurth tient un langage rassurant: la reprise par l'Etat de la dette de plus de 200 millions d'Hôpital neuchâtelois, validée par le parlement, n'est qu'une opération comptable, sans effet sur la trésorerie courante. Les 240 millions à investir ? «C'est HNE qui devra les trouver, l'Etat ne fait que les cautionner. Le canton ne s'endettera pas lui-même. De toute façon, il aurait fallu dépenser entre 100 et 150 millions pour mettre l'existant aux normes. Avec la réorganisation, Neuchâtel disposera d'infrastructures adaptées, qui lui permettront d'économiser 12 millions par an. L'investissement prévu pour 50 ans sera amorti en dix, voire cinq ans, par les économies produites et les gains en activités et en emplois. Si l'initiative est acceptée, les hospitalisations hors canton vont augmenter, elles pèseront sur nos finances, sans rien en retirer pour l'activité économique sur place.»

Les routes: un enjeu à 1,2 milliard

Le canton de Neuchâtel a un intérêt très particulier à voir se créer le fonds fédéral routier Forta. L'ancien conseiller national et actuel ministre des Infrastructures Laurent Favre a beaucoup manœuvré en coulisses pour aboutir au compromis soumis au peuple suisse le 12 février, avec une hausse de 4 centimes du prix de l'essence.

Neuchâtel a besoin de Forta pour ne pas devoir payer l'assainissement du tunnel sous la Vue-des-Alpes, devisé à 200 millions. Sans Forta, le canton devra débourser au moins 40% (soit 80 millions). Avec Forta, la Confédération paiera l'entier de la facture.

Autres gros projets, les contournements des villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds, asphyxiées aux heures de pointe par le trafic frontalier. Un peu plus de 1 milliard. Si Forta passe la rampe, l'évitement du Locle débutera en 2020, celui de La Chaux-de-Fonds en 2025. «Forta est un compromis solide, avec une large alliance, qui prévoit aussi de l'argent pour les projets d'agglomération. Il est soutenu par les cantons, qui fournissent 60 millions, les villes et les campagnes», affirme Laurent Favre. En plus des investissements, Forta doit faire économiser 1,2 million par an au canton en entretien des 27 kilomètres de la route Neuchâtel - La Chaux-de-Fonds, qui deviendra fédérale.

Le ministre espère que ses concitoyens réserveront le même sort à Forta qu'au programme «mobilité 2030», soit un taux d'acceptation de 84%.

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«Ces deux objets sont cohérents entre eux et s'inscrivent dans notre stratégie de faire du canton de Neuchâtel un même espace, clame Jean-Nat Karakash. Le 12 février, Neuchâtel a rendez-vous avec son avenir. Il doit saisir l'opportunité. Nous n'avons rien à perdre, tout à gagner.»

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