De la «stupeur»! Voilà ce que les ministres bernois ont, à la mi-juillet, ressenti en apprenant que le gouvernement zurichois ne ratifierait pas un accord fondamental: la Convention intercantonale sur la médecine de pointe. «Stupeur», c'est encore peu dire, comme le laisse entendre le communiqué diffusé mercredi, à leur retour de vacances.

Cette grande colère ne surprendra pas les Zurichois, qui ont ostensiblement émancipé leurs intérêts des coutumes confédérales. La conseillère d'Etat Verena Diener l'avait fait savoir le 15 juillet: pas question pour l'hôpital de Zurich de renoncer dans le cadre d'une répartition intercantonale à des techniques médicales de pointe. Et donc pas question de lâcher les greffes du cœur dont les Bernois convoitaient l'exclusivité sur le plan alémanique.

La philosophie zurichoise est claire: à terme, il ne peut y avoir que deux centres hospitaliers universitaires complets à l'échelle du pays, l'un romand, l'autre à Zurich.

Les Bernois tentent un appel à la raison en se référant à «l'avenir de la coopération intercantonale». Mais ils ne doutent pas de la détermination zurichoise. Aussi invoquent-ils la Confédération, «qui devrait fixer les conditions dans ce domaine».