Coût de la vie

Les hôteliers s'érigent contre «l'îlot de cherté» suisse

Un comité multipartisan dépose une initiative pour demander des prix équitables dans le pays. Propriétaire de six hôtels, Eric Fassbind évoque le problème

Les prix suisses sont injustes, «ça suffit»! C’est l’appel à la rébellion lancé par l’initiative «Stop à l’îlot de cherté», déposée ce mardi à Berne. Munis de 107 908 signatures, les initiants dénoncent les «arnaques» pratiquées en Suisse et demandent une modification de l’article constitutionnel sur la concurrence.

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L’objectif? Permettre aux entreprises helvétiques d’obtenir les mêmes prix que leurs concurrents ou, à défaut, de pouvoir passer commande à l’étranger sans entraves ni «supplément abusif». En cas de refus d’obtempérer, ceux qui abusent de leur pouvoir de marché seraient sanctionnés. L’initiative vise en outre également à combattre les discriminations à l’encontre des privés dans le commerce en ligne.

Cacher son identité pour obtenir des prix corrects

Propriétaire de six hôtels entre Lausanne et Zurich et membre du comité d’initiative pour GastroSuisse, Eric Fassbind connaît bien les dérives des «cartels helvétiques». Lors de commandes passées à l’étranger, il est systématiquement prié de passer par les importateurs destinés au marché suisse, qui pratiquent des prix largement supérieurs. Des pièces de douche lui sont par exemple proposées au même prix par deux groupes distincts: quatre fois plus cher que le montant affiché en Allemagne. «Ils se mettent d’accord», explique l’hôtelier, qui dénonce un système qui renchérit ses nuitées. Face à des prix «gonflés spécialement pour la Suisse», il a tout essayé: «J’ai caché mon identité ou déclaré que mes hôtels étaient en Autriche, mais lorsque je demande la livraison à Lausanne, il y a toujours des freins.»

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Confiant, il ne prévoit que peu d’opposition à ce projet: «Le système actuel profite surtout à des entreprises basées à l’étranger.» Outre les hôteliers, l’initiative bénéficie du soutien d’une coalition hétéroclite formée d’hommes politiques de tout bord, d’organisations faîtières des domaines de la restauration et du tourisme ou encore de Payot, Curafutura et des Remontées mécaniques suisses. Les effets bénéfiques du texte se feraient déjà sentir, déclare l’entrepreneur: «Depuis le début de la récolte de signatures, les exportateurs font déjà plus attention à leurs prix.»


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