Intrigués, impassibles ou encourageants, les passants défilent ce mardi 20 avril sous les yeux d’Howey Ou. La veille, la militante chinoise de 18 ans a entamé une grève de la faim de trois jours pour dénoncer les peines encourues par des activistes pour le climat. Arrêtée le 31 mars dernier lors de l’évacuation de la ZAD – ou zone à défendre – de la colline du Mormont, un terrain occupé illégalement pendant plus de cinq mois pour lutter contre son exploitation par le cimentier LafargeHolcim, elle a écopé d’une amende de 1200 francs et de 60 jours de prison. Une quarantaine de zadistes ont été condamnés à des jours-amendes ou à 60 ou 90 jours de prison pour avoir soutenu cette action. «Nous sommes punis tandis que les groupes industriels peuvent librement continuer de détruire l’écologie», s’indigne-t-elle.

Un engagement crescendo

Mais qu’est-ce qui a conduit une militante chinoise sur un bout de trottoir de la place de la Palud, à Lausanne? Howey Ou considère que son activisme transpire dans chacun de ses faits et gestes. Ainsi, quand un homme lui apporte des jus de fruits et des gobelets en guise de soutien, elle le rembarre gentiment, car ces produits sont en plastique. «Quand j’étais en garde à vue, il n’y avait pas de repas végane, j’ai donc refusé de manger», raconte-t-elle encore. Cet instant a semé la graine de sa protestation actuelle, qu’elle vit, dit-elle, comme une expérience.