Outre la procédure ouverte mercredi contre la banque par le Ministère public genevois pour blanchiment aggravé, HSBC Private Bank (Suisse) SA est déjà dans le collimateur de la justice de plusieurs pays européens. En France, l’établissement a été mis en examen depuis le 18 novembre pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et démarchage bancaire illicite de clients français. En Belgique, la banque est inculpée pour fraude fiscale grave et blanchiment.

La pression s’est accentuée sur HSBC Private Bank (Suisse) il y a dix jours, après les révélations de plusieurs journaux – dont «Le Temps» – sur les pratiques d’aide à l’évasion fiscale qui auraient eu cours au sein de l’entreprise. Les médias ont réalisé leur enquête, baptisée SwissLeaks, en s’appuyant sur les données qui avaient été volées, en 2008, à la banque HSBC (Suisse) par Hervé Falciani, un ancien employé de l’établissement, qui travaillait à l’époque comme informaticien.

Les données, sur lesquelles un réseau mondial de 150 journalistes a travaillé, contiennent des informations sur plus de 106 000 clients originaires d’environ 200 pays de la filiale suisse de HSBC. Dans ces fichiers figurent les noms de Saoudiens, soupçonnés d’avoir financé Oussama ben Laden dans les années 2000, des barons de la drogue, des trafiquants d’armes et des diamantaires véreux.

Sur la base de ces données, il a pu être établi qu’entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007, quelque 180,6 milliards d’euros avaient transité sur des comptes de HSBC à Genève. Les fonds étaient dissimulés, entre autres, derrière des structures offshore au Panama et dans les îles Vierges britanniques.

La banque dit avoir fait le ménage

HSBC Private Bank (Suisse) avait réagi à ces révélations dans les médias en affirmant que ces pratiques qui y étaient dénoncées appartenaient «au passé». Une nouvelle direction a pris les rênes de l’établissement après l’affaire du vol de données en 2007 et celle-ci a procédé «à un examen en profondeur des affaires», ce qui a conduit à la fermeture de comptes de clients «qui ne correspondaient pas aux normes élevées de la banque».