L’obligation d’alimenter le chanvrier contre son gré a été notifiée par le TC aux médecins des HUG vendredi dernier dans le cadre d’une mesure provisionnelle. Elle a été confirmée par le TC dans un arrêt daté du 10 novembre.

Contactés jeudi par l’ATS, les HUG indiquent avoir pris acte en début de semaine de l’injonction des autorités valaisannes de procéder à la nutrition forcée de Bernard Rappaz. Pour l’heure, ils «examinent la faisabilité de cette décision sur les plans juridique, médical et éthique.»

Recours auprès du TF Dans son arrêt du 10 novembre, le TC rejette le recours de Bernard Rappaz. Le chanvrier avait contesté la décision de la cheffe du département valaisan de la sécurité Esther Waeber-Kalbermatten de lui refuser une nouvelle interruption de peine.

Aba Neeman, avocat de Bernard Rappaz, a indiqué jeudi à l’ATS déposer immédiatement un recours auprès du Tribunal fédéral, assorti d’une demande de mesure provisionnelle. Le défenseur espère obtenir un arrêt domiciliaire dans l’attente de la décision du TF.

Personnalités mobilisées Au fil des jours, l’affaire Rappaz suscite toujours plus de réactions de personnalités de tous bords qui prennent publiquement position. Certaines demandent une interruption de peine ou une grâce pour éviter la mort du détenu valaisan en grève de la faim depuis 77 jours.

«(...) Il faut empêcher Rappaz de tuer Bernard, l’homme, l’agriculteur, le père», lance Gabriel Bender jeudi dans les colonnes du journal «Le Temps». Le sociologue valaisan conjure quatre conseillers nationaux - Christophe Darbellay (PDC/VS), Ueli Leuenberger (Verts/GE), Jean-René Germanier (PLR/VS) et Stéphane Rossini (PS/VS) - de trouver «une solution élégante et inédite».

Le médecin et conseiller national Jean-Charles Rielle (PS/GE) a poursuivi sa croisade en faveur de Bernard Rappaz dans le dernier «Matin Dimanche»: «Nous devons nous battre pour qu’elle garde son papa», a-t-il souligné en parlant de l’adolescente qui rendait visite à son prisonnier de père.

Suspension de peine Après M. Rielle, c’est l’ancienne politicienne Anne-Catherine Menétrey-Savary (Verts/VD) qui a adressé une lettre ouverte à la cheffe du département valaisan de la sécurité Esther Waeber-Kalbermatten pour demander une suspension de peine.

«Aujourd’hui, j’ai le sentiment que s’il (Bernard Rappaz) venait à mourir maintenant, ce serait une catastrophe pour tout le monde. Pour lui et ses proches, pour vous, pour la justice, et pour nous tous qui suivons de loin ce bras de fer insupportable», écrit Mme Menétrey-Savary.

Sur les ondes de la Radio Suisse romande, c’est l’ex-président du Parti socialiste suisse, Peter Bodenmann qui a demandé lui aussi une interruption de peine. «Il faut un peu de pragmatisme et un peu moins de rigueur», plaide le Haut-Valaisan.

Quant à Philippe Roch, ex-directeur de l’Office fédéral de l’environnement, il demande aux députés valaisans d’accorder leur grâce à Bernard Rappaz. Le Grand Conseil statuera sur le sort du chanvrier à huis clos le 18 novembre.