diplomatie

Ignazio Cassis évoque un accord global avec l’UE pour octobre

En congrès, le PLR s'est attardé sur la question des relations avec l'UE. Violemment attaqué au même moment par Christian Levrat, le ministre des Affaires étrangères a lâché une date pour l'accord institutionnel

Les délégués du Parti libéral-radical (PLR) se sont focalisés samedi à Airolo (TI), sur les terres d'Ignazio Cassis, sur les relations de la Suisse avec l’UE. Ils ont adopté une résolution soutenant la libre circulation des personnes et un «papier de position» (texte programmatique) pour une politique européenne forte.

Il a fallu près de trois heures aux près de 250 délégués de l’assemblée pour venir à bout d’un ordre du jour relativement fourni et ce après les interventions de la présidente du PLR Petra Gössi, du président du PLR tessinois Bixio Caprara et du conseiller fédéral Ignazio Cassis. Tous trois ont mis l’accent sur «l’importance stratégique et symbolique du massif du Gothard», situé au «cœur de l’Europe» et «voie de transit par excellence».

L'accord institutionnel en vue

«Le Saint-Gothard n’est plus le grenier d’autrefois», a détaillé Petra Gössi. «Nous Suissesses et Suisses avons compris que nous pouvons plus vivre dans une forteresse isolée et avons réalisé que nous devions tirer profit de ce qui nous entoure. Cela ne signifie pas que nous devions adhérer à l’Union européenne (UE) mais plutôt entretenir avec elle de bonnes et solides relations.»

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué que le Conseil fédéral «entend renforcer la voie bilatérale et aller rapidement de l'avant pour conclure un accord institutionnel avec l'UE. L'idée est d'y parvenir d'ici octobre prochain», avant le début de la campagne des élections fédérales de 2019.


Les attaques de Christian Levrat

Durant ce samedi très politique, le conseiller fédéral PLR a été violemment pris à parti par Christian Levrat, à quelque 220 km de là. En congrès à Lausanne, le président du PS a fustigé la politique du ministre PLR, «summum de maladresse diplomatique et politique» quand il est question de l'UE.

A ce sujet: Christian Levrat éreinte Ignazio Cassis, un «sommet de cynisme»


Une opposition frontale au texte anti-libre circulation de l'UDC

La résolution intitulée «Un accès au marché grâce à la libre circulation des personnes» a été approuvée par 223 voix contre une et quatre abstentions. «Les quelques problèmes d’immigration des personnes provenant des Etats tiers ne seront pas résolus par la résiliation de l’accord sur la libre circulation des personnes» a souligné la vice-présidente du parti, la Vaudoise Isabelle Moret.

En adoptant la résolution, les délégués PLR rejettent fermement l’initiative de l’UDC «Pour une immigration modérée». Celle-ci vise à mettre fin à la libre circulation des personnes avec l'UE.

Les délégués ont estimé que cette initiative «compromet les relations bilatérales avec l’UE sans pour autant résoudre les problèmes causés par l’immigration». Selon eux, la libre circulation des personnes favorise l’innovation et la compétitivité mais ne remet pas en cause la préférence indigène dans la recherche de l’emploi.

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La voie bilatérale, «bouclier contre l'adhésion»

Le papier de position «Grands axes pour une politique européenne forte» a lui été adopté par 224 voix et trois abstentions. Le document se concentre sur les questions institutionnelles et l’avantage qu’un accord-cadre avec l’UE représenterait pour la Suisse.

Selon le PLR, «la voie bilatérale constitue le meilleur bouclier contre une adhésion à l’UE». Le document met l’accent sur «l’accès au marché et la sécurité juridique pour une Suisse prospère». Le papier de position se prononce sur la protection des intérêts suisses et le règlement des différends: «Le succès et la prospérité de la Suisse reposent en grande partie sur les accords bilatéraux, 53% de nos exportations étant envoyées vers les pays de l’Union européenne.»

Le PLR estime cependant que «pour assurer un libre accès au marché intérieur européen, tous les acteurs doivent être soumis aux mêmes règles» et ce afin de faciliter les échanges commerciaux.

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