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Les propos tenus par  Ignazio Cassis  à l’Aargauer Zeitung le 17 mai dernier ont suscité une polémique mondiale.
© PETER KLAUNZER / Keystone

Diplomatie

Ignazio Cassis ne regrette rien

Le chef des Affaires étrangères rassure en s’inscrivant dans la politique du Conseil fédéral au Proche-Orient. Mais il assume aussi son discours non convenu

«La Suisse continue à tendre à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens, sur la base d’une solution à deux Etats selon les frontières de 1967. Les colonies de peuplement israéliennes sont illégales selon le droit humanitaire.» Telle est en substance la réponse du chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Ignazio Cassis, aux nombreuses questions qu’avaient posées pas moins de huit conseillers nationaux. Le Tessinois était de loin le conseiller fédéral le plus attendu lors de l’heure des questions. Les propos qu’il a tenus à l’Aargauer Zeitung le 17 mai dernier ont suscité une polémique mondiale. Mais en raison d’un ordre du jour trop chargé, il n’a pas eu à se présenter à la tribune pour affronter les critiques émises par la gauche. Il y a répondu par écrit.

Ce lundi, Ignazio Cassis avait surtout à cœur de circonscrire l’incendie déclenché par ses propos. En revenant d’un voyage en Jordanie, Ignazio Cassis s’était montré très critique envers l’UNRWA, l’agence de l’ONU s’occupant des 5 millions de réfugiés palestiniens. Il avait estimé que cette agence était «devenue une partie du problème israélo-palestinien»: à force de développer la logistique dans les camps de réfugiés et d’en améliorer la formation et les soins, la Suisse ne contribuait pas à la solution du problème. Des propos surprenants que n’aurait jamais tenus son prédécesseur Didier Burkhalter et encore moins Micheline Calmy-Rey.

Soutien à l’UNRWA confirmé

Dans ses réponses, Ignazio Cassis a tenté de rassurer. Le Conseil fédéral conserve sa confiance dans l’UNRWA, pour laquelle elle a d’ailleurs débloqué en décembre 2016 des crédits oscillant entre 21 et 27 millions par année jusqu’en 2020. «Ce soutien financier est toujours valable. L’UNRWA continue de jouer un rôle capital pour la stabilité de la région et dans la lutte contre le radicalisme», souligne le DFAE. Cela n’empêche pas une remise en question régulière de l’engagement de la Confédération. «C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les propos du chef du DFAE. En tant que contributrice importante de cette agence, la Suisse doit participer activement au processus de sa réforme à l’avenir», se justifie le département.

Ce lundi, c’était la grande question dans la salle des pas perdus du Conseil fédéral: Ignazio Cassis, qui s’est exprimé à ce sujet sans prendre l’avis du Conseil fédéral, a-t-il agi par inexpérience politique, soit sans mesurer la véritable portée de ses déclarations, ou a-t-il voulu donner un coup de barre à droite dans la politique menée par la Suisse au Proche-Orient? Sans doute y a-t-il eu un brin de maladresse dans les nombreuses prises de position d’Ignazio Cassis ces deux dernières semaines. Mais il est beaucoup plus probable qu’il tente de se rapprocher d’Israël. Lorsque le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a traité d’une résolution prônant l’instauration d’une commission indépendante d’enquête à la suite des violences israéliennes à Gaza, non seulement la Suisse ne l’a pas soutenue, mais elle n’a même pas pris la parole pour expliquer son abstention.

La fiabilité ternie de la Suisse

«Cela a été interprété comme un rapprochement d’Israël», note Carlo Sommaruga (PS/GE), qui n’est pas du tout convaincu par les débuts du nouveau ministre des Affaires étrangères. «Ignazio Cassis a d’abord violé le principe de collégialité au Conseil fédéral. Ensuite, il a pris le risque de remettre en cause la fiabilité de la Suisse dans le concert diplomatique international en critiquant une institution de l’ONU.»

Présidente de l’Association Suisse-Israël, Corina Eichenberger (PLR/AG) soutient en revanche la politique d’Ignazio Cassis: «Il a voulu provoquer un débat sans tabou sur le rôle et le fonctionnement de l’UNRWA.» Selon elle, Ignazio Cassis tient à faire preuve d’une politique «plus équilibrée» au Proche-Orient. «Sous l’ère de Micheline Calmy-Rey et de Didier Burkhalter, la politique étrangère était plutôt pro-palestinienne. Ignazio Cassis ne fait qu’orienter la politique suisse vers une vraie neutralité envers les deux parties», souligne-t-elle.

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