Sa présence était pressentie, il l’a confirmée sur Twitter jeudi matin, en anglais: Ignazio Cassis se rendra vendredi à Genève pour rencontrer les chefs de la diplomatie américaine et russe, Antony Blinken et Sergueï Lavrov.

Ministre des Affaires étrangères et président de la Confédération, le Tessinois s’entretiendra en mode bilatéral avec chaque dirigeant, après le tête-à-tête russo-américain. «Je suis ravi que la Genève Internationale fournisse un espace de dialogue», conclut-il sur Twitter.

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Le chef du Département fédéral des Affaires étrangères est aujourd'hui en visite à Berlin, où il doit notamment s'entretenir avec le chancelier Olaf Scholz et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock.


A Berne, on se réjouit de cette exposition de la Suisse

Vendredi à Genève, Ignazio Cassis poursuivra ses échanges au plus haut niveau, cette fois-ci avec ses homologues de Washington et de Moscou. Si ses services restent muets sur les attentes et sujets inscrits au menu des discussions, on peut imaginer que le brûlant dossier ukrainien sera abordé. La Suisse joue un rôle dans le processus de médiation et de réformes, alors que les tensions autour de Kiev se sont accrues entre les deux grandes puissances américaines et russes.

«C’est une excellente chose que la Suisse puisse mettre en valeur ses bons offices et renforcer la Genève Internationale», salue le conseiller national Laurent Wehrli (PLR/VD), de la commission de politique extérieure. «Notre pays peut ainsi affirmer sa présence, en assurant un bon accueil et de bonnes conditions pour le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis.»

Le Vaudois constate que la Confédération a marqué des points en juin à Genève lors du sommet entre les deux présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, qui «s’est très bien déroulé», et que cela lui permet «d’engranger d’autres rencontres» comme celle de vendredi entre Antony Blinken et Sergueï Lavrov.

Outre l’Ukraine, Ignazio Cassis pourrait potentiellement évoquer des dossiers bilatéraux ou des enjeux impliquant directement la Suisse. Avec la Russie, la question des droits de l’homme et de la démocratie n’a rien perdu de sa pertinence. Avec les Etats-Unis, on pense au projet d’accord de libre-échange, qui ne constitue néanmoins pas une priorité pour les Américains. «Il serait cependant maladroit de vouloir transformer le sommet sur l’Ukraine pour tenter une grande avancée dans cet autre dossier», estime Laurent Wehrli.