Le résultat est historique : l’initiative «Remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie» n’a recueilli que 8% de voix favorables, ce qui est en valeur absolue le deuxième plus mauvais résultat de l’histoire de la démocratie directe. Cet échec était attendu. On ne peut pas impunément demander d’abandonner la principale ressource fiscale de la Confédération. La TVA rapporte en effet plus de 22 milliards de francs par an, soit environ 35% de l’ensemble des recettes versées dans la caisse fédérale. Son remplacement par une taxe dont les recettes seraient inversement proportionnelles à son effet incitatif n’a pas convaincu et ne pouvait pas convaincre.
Mais l’ampleur surprend. Le président des Vert’libéraux, Martin Bäumle, y a personnellement contribué en déclarant, au moment d’entrer en campagne, qu’un soutien de 30% serait déjà un succès d’estime. Lorsque l’on part ainsi battu, on ne peut que prendre une râclée. Logiquement, le soutien à cette initiative irréfléchie a fondu au fil des semaines, pour s’achever en un naufrage terrifiant pour le parti qui en est l’auteur.
Au terme des débats parlementaires, une seule issue paraissait envisageable : il fallait retirer l’initiative. Le Parti vert’libéral avait vainement espéré que les Chambres fédérales opposent un contre-projet à leur proposition. En vain. Alors que la politique énergétique était en pleine mue, cette idée n’a séduit personne. Le PVL aurait donc dû déposer les armes. Mais il est difficile pour un parti jeune, encore en quête d’identité et de parts électorales, d’abandonner sa première initiative populaire à quelques mois des élections fédérales. Il s’est accroché. Mais les dégâts sont immenses.
Pour le parti lui-même, dont l’immaturité paraît criante. Pour la cause, également. Le résultat mortifiant de dimanche donne des armes à ceux qui, dans un contexte économique rendu plus difficile par la force du franc, considèrent que la réforme de la fiscalité énergétique n’est pas prioritaire. Le rejet sans appel de l’initiative du PVL compliquera la tâche d’Eveline Widmer-Schlumpf, qui proposera ce mois encore d’introduire des taxes d’incitation sur l’énergie. Le projet est certes différent de celui proposé par le PVL. Il repose sur une taxe d’incitation dont les recettes seraient redistribuées à la population et ne s’appliquera pas forcément aux carburants. La tâche de la ministre des Finances, qui a déjà eu de la peine à convaincre sa collègue en charge de l’Energie Doris Leuthard, sera néanmoins difficile.