Un référendum visant une nouvelle fois à empêcher une modification de la loi sur les démolitions et rénovations de maisons d'habitation (LDTR) a été lancé mardi. Il fait suite au projet, adopté par la majorité du Grand Conseil lors de sa séance du 13 février, et qui proposait de changer le mode de fixation des loyers pour les immeubles soumis à la LDTR: au lieu d'être calculé en fonction du nombre de pièces, le loyer serait déterminé selon la surface. Pour le député de SolidaritéS Rémy Pagani, également membre du comité référendaire contre le démantèlement de la LDTR, cette nouvelle proposition n'est qu'un «marché de dupes».

«Ségrégation urbaine»

Selon le syndicaliste, «en facturant le mètre carré à 140 francs, le projet de loi s'attaque surtout aux personnes dont le loyer n'a pas changé depuis longtemps». D'après les calculs de Rémy Pagani, un appartement de cinq pièces coûtant 1200 francs par mois verrait ainsi son loyer augmenter de 20%. «La droite dit qu'il s'agit d'une opération blanche, mais pourquoi devrions-nous croire ses arguments? Au cours de ces cinq dernières années, il n'y a eu aucune baisse de taux hypothécaire. Ils n'ont qu'à commencer par là», s'emporte le député de SolidaritéS.

Lors de la séance du Grand Conseil, la droite avait affirmé que 80% des logements ne seraient pas touchés par la modification, car la pondération à la hausse ou à la baisse en fonction de la surface ne vise que les appartements particulièrement grands ou petits. En théorie, la modification devrait donc aboutir à une neutralité globale sur la masse des loyers.

Pour le comité référendaire, pas question d'entrer en matière: «Avec cette loi, nous risquons d'assister à un changement de population dans les quartiers populaires, qui sont particulièrement visés. A terme, la ville est menacée de ségrégation.» Lancé en collaboration avec l'AVIVO, le Mouvement populaire des familles et la Fédération des associations de quartier, le référendum doit être signé par 7000 personnes dans les quarante jours pour que ce projet de loi sur la LDTR soit soumis au peuple.