Jeudi se joue l'avenir salarial de la fonction publique vaudoise. Pourtant, les syndicats affichent leur division face à un Conseil d'Etat déterminé à finaliser son nouveau système de rémunération (Decfo/Sysrem). D'un côté, SUD et SSP, même si celui-ci doit se prononcer définitivement ce soir, mobilisent leurs troupes contre la signature d'un accord, prévu par les plus optimistes ce jour-là. Des grèves sont annoncées au CHUV, au bâtiment administratif de la Pontaise à Lausanne et peut-être dans les gymnases du canton.

En revanche, la FSF (Fédération des sociétés des fonctionnaires) s'abstient. Elle attend dans la soirée aussi l'avis de ses membres. A qui l'on a soumis la convention amendée. Amendements transmis au Conseil d'Etat, dont on attend la réponse.

SUD et SSP, qui craignent la signature de la FSF, précisent cependant qu'ils «se battent pour délégitimer l'accord et non pas contre la faîtière». Cette dernière se sent néanmoins visée et ne participe pas à la journée d'action.

Cette divergence récurrente - la FSF est réputée plus consensuelle - pourrait compliquer un dossier qui s'éternise. Ainsi, selon la FSF, les revalorisations promises pour 80 millions ne sont pas négligeables. Par contre, SUD et le SSP accusent le nouveau dispositif de brader les carrières des employés au profit des caisses de l'Etat, malgré les «gagnants» d'aujourd'hui. Dont «il faut garantir la valorisation, Decfo/Sysrem ou pas», insiste David Gygax du SSP.

Au-delà de l'appréciation politique, ces positions contrastées s'expliquent également, selon David Gygax, par les structures des syndicats. FSF et SUD sont des fédérations de sociétés de professions. Du coup, la FSF regroupe plutôt les «gagnants» de la nouvelle grille, alors que les «perdants» se retrouvent chez SUD. Tout le contraire du SSP, où l'on compte des affiliés «solidaires» de tous les secteurs.