Les Verts exigent que le Conseil fédéral fasse amende honorable. Et accepte de revoir sa copie. Le gouvernement avait recommandé le non à l'initiative des écologistes pour «taxer l'énergie et non le travail», sans lui opposer de contre-projet. Entre-temps, l'exécutif a tourné sa veste, ont fait valoir les Verts lundi lors d'une conférence de presse. Le Conseil fédéral n'est plus opposé à l'idée que le produit d'une taxe sur les énergies non renouvelables puisse être utilisé pour réduire les charges sociales, soulignent les écologistes. Il doit dès lors reconsidérer sa position.

Cette conférence de presse avait aussi pour objectif de remettre «un peu d'ordre» et de clarifier la multitude de projets en matière de fiscalité de l'énergie, explique le président des Verts, le conseiller national bernois Ruedi Baumann.

Trois initiatives populaires sont en cours. Mais les Verts tiennent particulièrement à celle qui exige de «taxer l'énergie et non le travail». Elle a abouti. Même si ses chances devant le peuple sont minces, «nous ne la retirerons pas, assure Ruedi Baumann. Elle ouvre le chemin à une réforme en profondeur de la fiscalité écologique. On augmente le prix de l'énergie non renouvelable pour financer les assurances sociales».

De son côté, le parlement réfléchit aussi à la fiscalité de l'énergie, mais l'ébauche d'article constitutionnel préparé par la commission du Conseil des Etats ne va pas assez loin, estiment les Verts. Ruedi Baumann et les siens craignent que cette norme ne soit beaucoup trop vague et que l'introduction d'une taxe en soit repoussée à la semaine des quatre jeudis. Ce projet devrait rapporter 3 milliards environ. L'initiative des Verts vise 20 milliards.

En parallèle, les Verts s'engagent sur un projet plus immédiat qu'ils considèrent comme un premier pas: la taxe sur les énergies non renouvelables discutée actuellement par les Chambres (lire Le Temps du 19 février). Le Conseil national s'est prononcé pour un montant de 0,6 centime par kilowattheure, qui rapporterait près de 900 millions de francs pendant dix ans. La question est liée à l'ouverture du marché de l'électricité et aux produits dopants qu'il faudra administrer aux producteurs-distributeurs pour qu'ils puissent survivre avec des investissements dont la rentabilité était calculée sur un demi-siècle voire plus – Cleuson-Dixence par exemple. Le Conseil des Etats doit en discuter le 9 mars. Sa commission propose 0,2 centime, soit 200 millions. Une minorité suggère un arbitrage à 0,4 centime. La variante la plus élevée rassemble une coalition hétéroclite, cantons de montagne, industrie électrique, producteurs de bois, paysans ou chauffagistes. Les Verts, évidemment, la soutiennent.

Dernier point, la sortie du nucléaire. Les Verts demandent l'abandon progressif de l'énergie atomique. Ils ont lancé deux initiatives. Les signatures sont en train d'être récoltées. Il s'agit de maintenir la pression pour favoriser, là aussi, les énergies renouvelables.