«Nous avons fait d'un rêve une réalité. C'est le début d'une ère nouvelle pour la recherche.» Hier, Robert Aymar, le directeur du CERN, a officiellement inauguré le LHC, le plus puissant accélérateur de particules du monde situé dans un anneau souterrain de 27 kilomètres enfoui sous la frontière franco-genevoise.

Ce devait être la cérémonie d'inauguration comptant le plus de chefs d'Etat au mètre carré. Il n'en fut rien. La faute à deux pannes qui ont contraint les ingénieurs à arrêter la machine. Le 10 septembre dernier, une connexion électrique défectueuse entre deux aimants supraconducteurs provoquait l'arrêt du plus grand accélérateur de particules du monde, qui a coûté près de 4 milliards d'euros. Du coup, le LHC ne redémarrera qu'au printemps 2009.

En analysant les résultats des chocs provoqués dans le collisionneur, les physiciens espèrent découvrir de nouvelles particules et surtout obtenir la confirmation de l'existence du boson de Higgs. «Dans un ou deux ans seulement, nous en saurons davantage sur l'univers», s'enthousiasme Robert Aymar.

Malgré ce coup dur, l'Organisation européenne de recherche nucléaire (CERN) avait donc décidé de maintenir l'inauguration officielle. Ce sont des ministres de la Recherche et de la science ou des ambassadeurs qui représentent les pays membres de l'institution. Au total, plus de 1500 invités, scientifiques et politiques. D'impressionnantes mesures de sécurité ont été mises en place. Policiers suisses et français ont bouclé un large périmètre autour du CERN.

Présent hier, le président de la Confédération, Pascal Couchepin, a souligné lors de son discours «l'incroyable l'esprit de collaboration qui règne au CERN». Un lieu symbole d'une «globalisation réussie» au moment où la crise financière s'empare de la planète. Autre pays hôte, la France était représentée par François Fillon. Le premier ministre a, lui, salué «le prodige technologique qu'incarne le LHC, le plus grand projet scientifique de ce siècle».