Le quotidien vaudois 24 Heures publie dans son édition de jeudi dans ses pages locales un droit de réponse de Pierre Aguet, relatif à la polémique née après le dramatique incendie de l'immeuble de Gilamont à Vevey. L'attitude après le drame du conseiller national et municipal veveysan, par ailleurs président de la coopérative d'habitation concernée, a été sèchement critiquée dans un éditorial du journal.

Le 3 mars dernier, sous le titre «Un politicien au feu», l'éditorialiste concluait son texte en affirmant que Pierre Aguet plaçait dans cette affaire «sa réputation et sa carrière politique avant la détresse des victimes». Cette phrase a suscité l'ire du magistrat qui a obtenu par décision du tribunal de district de Lausanne la publication d'un rectificatif. Il faudra attendre les considérants du jugement pour une analyse détaillée des motifs qui ont conduit le tribunal à trancher en faveur de Pierre Aguet. Car 24 Heures, par l'intermédiaire de son avocat, Me Yves Burnand, s'opposait à la publication de la réplique du conseiller national pour une question de principe. Un droit de réponse est ouvert pour rectifier des faits, non pour répondre à des jugements de valeur et des opinions contenus dans un éditorial. Une thèse contestée par Me Maurice Von der Mühll, l'avocat de Pierre Aguet, pour qui son client n'a ménagé ni son temps ni sa peine après le drame pour assister les locataires infortunés. Par conséquent, la critique éditoriale se basait sur des éléments factuels erronés.

Si le juge lui a donné raison sur ce point, il a refusé la publication de l'intégralité de la réponse de Pierre Aguet, supprimant des passages jugés injurieux pour le journaliste de 24 Heures. Le Tribunal n'a pas non plus accédé à la demande du conseiller national d'être publié en première page du journal, au même endroit que le texte incriminé, comme le prévoit en règle générale la pratique du droit de réponse. Pour Me Burnand, le tribunal a ainsi évité de créer un dangereux précédent, la «une» d'un journal devant rester la propriété exclusive de la rédaction. Me Von der Mühll n'exclut pas de déposer un recours.