Le Stade de Genève, dont l'inauguration est prévue en mars prochain, connaît de sérieux problèmes de financement. Il manque plusieurs millions pour boucler un budget global de 93 millions de francs. Dans ce contexte, le canton ne versera pas un centime de plus (Le Temps du 23 octobre) et la Fondation du Stade de Genève ne trouve pas les fonds nécessaires. Aujourd'hui, aussi bien la fondation que le canton se tournent vers les CFF pour que ces derniers prennent en charge ce surcoût dû aux mesures de sécurité relatives à la gare de triage de la Praille. Porte-parole des CFF, Jacques Zulauff livre son analyse.

Le Temps: On dit que les CFF traînent les pieds, et on ne comprend pas pourquoi ils ne passent pas à la caisse pour régler les 2,5 millions manquants pour la sécurité?

Jacques Zulauff: Il n'y a pas de mauvaise volonté des CFF. Pour preuve, nous avons versé un demi-million pour l'aménagement des quais voyageurs de la gare de la Praille alors que nous n'avions pas à le faire. Mais il y a simplement une convention conclue en janvier 2001 entre la Fondation du Stade de Genève et les CFF qui précise que les mesures d'aménagement et de sécurité sont à la charge de la fondation. Nous ne nous retranchons pas derrière un texte de loi. Aujourd'hui toutefois, cette affaire est devenue politique.

– Y a-t-il vraiment des problèmes de sécurité?

– Il est clair que des wagons dits dangereux avec des hydrocarbures ou des produits chimiques passent par la gare de la Praille. Pour une telle gare, les mesures sont suffisantes. Maintenant, si l'on y ajoute un stade, la donne est différente. Nous attendons pour l'heure une étude de l'Office fédéral des transports pour savoir si des canons à eau par exemple sont nécessaires pour contenir le risque d'accidents majeurs. Mais quel que soit le résultat de cette étude, il incombe à la fondation d'assumer les coûts supplémentaires.

– Certains disent que vous craigniez un précédent dans la sécurisation des gares…

– Le risque existe en effet. S'il n'y avait pas eu cette convention et si on nous avait forcés à assumer les nouvelles mesures de sécurité, des demandes similaires auraient pu être posées pour d'autres projets.

– Dans la Tribune de Genève, le conseiller d'Etat Laurent Moutinot est très critique à l'égard des CFF…

– Il songe probablement au projet immobilier que le canton et les CFF ont en commun dans le cadre du développement de la ligne ferroviaire Cornavin-Praille-Eaux-Vives. Un projet qui prévoit sur 24 hectares appartenant en majorité aux CFF jusqu'à 50 000 m2 de terrain pour des logements et entre 150 et 300 000 m2 pour des surfaces commerciales. Dans ce cadre, nous pourrions être amenés à prendre des mesures de sécurité supplémentaires, mais cela est indépendant des problèmes liés au stade.