Sale histoire pour l'Université de Lausanne (UNIL). Un professeur de la Faculté des sciences a été inculpé dans le cadre de l'affaire dite des emplois fictifs, sur laquelle la justice enquête depuis le début de l'année. L'acte d'inculpation porte sur faux dans les titres, abus de confiance, escroquerie et gestion déloyale des intérêts publics, a indiqué l'office du juge d'instruction. L'Université, qui a mené de son côté une enquête interne, s'est constituée partie civile pour avoir accès au dossier.

Le professeur inculpé, qui est titulaire d'une chaire de chimie, compte parmi les chercheurs les plus renommés de l'UNIL. L'enquête à son encontre avait été lancée à la demande du Contrôle cantonal des finances, lui-même alerté par l'un des assistants de l'enseignant. La dénonciation mettait en doute la réalité du travail fourni par quelques collaborateurs de l'institut, dont les salaires auraient été utilisés à d'autres fins. Un montant de 500 000 francs avait été articulé pour le détournement éventuel.

Les soupçons pesant sur ce chimiste de réputation internationale ont également été confirmés par l'enquête interne de l'UNIL. Le recteur, Jean-Marc Rapp, explique toutefois que les informations dont il dispose sur cette base n'aboutissent pas à des emplois fictifs. Selon lui, les chercheurs visés existent et ont effectué des travaux scientifiques. Il apparaît en revanche que le professeur a gardé pour lui, à des fins qui ne sont pas établies, une partie du salaire qu'il devait verser à deux d'entre eux.

Certains doctorants de la Faculté des sciences voient dans cette affaire un exemple, certes extrême, des problèmes que peut poser l'autonomie laissée aux professeurs dans l'engagement et la gestion des équipes scientifiques. Celles-ci peuvent compter jusqu'à une vingtaine de collaborateurs. Divers modes de financement coexistent dans un flou qui peut favoriser les abus. Selon le recteur, en revanche, l'affaire n'illustre rien d'autre que la possible défaillance personnelle d'un professeur.