La limite était fixée au 1er janvier 2013. Mais à cette date, les Vaudois n’utiliseront pas encore tous des sacs-poubelle taxés. Environ 80 communes sur 326 n’auront pas mis en place un système de pollueur-payeur. Hors la loi, estime le Tribunal fédéral, qui a condamné l’an dernier la commune de Romanel.

Tout ça alors que, lundi, arrive sur le marché le nouveau sac taxé blanc, présenté en fanfare en avril par trois «périmètres» de gestion des déchets, soit 200 communes de l’agglomération lausannoise, de La Côte et de l’ouest du canton.

Sur 700 000 Vaudois, entre 450 000 et 500 000 devront désormais payer plus cher leur sac: 1 franc pour 17 litres et 2 francs pour 35 litres (lire ci-dessous). Yverdon et sa région connaissent déjà le système. Impossible aujourd’hui de dire le nombre de communes qui, comme Lausanne, verseront une allocation à leurs citoyens en contrepartie de la taxe.

Réfractaires

Les communes réfractaires au système du pollueur-payeur, comme Renens, Vevey ou Montreux, n’ont rien à craindre du canton pour l’instant. «Nous les avons toutes averties du risque de tourisme des déchets», explique Etienne Ruegg, de la section Déchets urbains du Service vaudois des eaux, sols et assainissements. «Nous nous tenons à disposition pour faciliter cette mise en route. Pour une mesure délicate comme celle-là, autant prendre quelque mois de plus pour que les choses se passent bien.»

Les raisons tiennent parfois à peu de chose. Exemple de retardataire: Savigny, à dix minutes de Lausanne, attend 2014. «Nous inaugurons notre déchetterie à la fin 2013, explique son syndic, Jean-Philippe Thuillard. Nous ne voulions pas mettre en place un nouveau système avant cette date.»

Président du Conseil d’administration de Tridel, l’usine de traitement des déchets de Lausanne, Stefan Nellen voit le bon côté des choses: «Si nous avions imaginé en avril que plus de 150 communes feraient le pas sur les 200 de nos régions, nous aurions signé tout de suite.» Il ne s’inquiète pas pour la suite. Dès que toutes les villes connaîtront la taxe, les villages alentour s’y mettront: «Ils subiront l’apport des sacs des gens qui veulent tricher.»