Réfractaire au déménagement sur le site de Dorigny et bonne dernière à rejoindre le campus, l’Ecole d’architecture a accueilli avec appréhension le nouveau président, Patrick Aebischer, soupçonné de vouloir la réduire à la portion congrue, au profit des sciences de la vie. Dix ans plus tard, observe Inès Lamunière, 56 ans, directrice de la section d’architecture, la discipline, loin de s’être étiolée, s’est au contraire renforcée au sein d’une plus vaste Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit, l’ENAC.

Le plan de formation, articulé sur le modèle de Bologne, offre aux étudiants des perspectives élargies. «Engagée dans un système doctoral polytechnique, l’architecture, élevée au rang de science de l’espace, s’attaque désormais aux problématiques du complex design. Elle aborde des projets de grande échelle, portant sur des objets pris comme fragments de villes et non plus comme éléments isolés», explique-t-elle. Dès septembre 2010, l’école doctorale développera trois orientations: théorie et histoire, complex design, ville et sciences sociales. Elles se compléteront peu à peu de la technologie constructive et de l’art.

L’architecture à l’EPFL – mais où est donc passé l’urbanisme? – aborde la prochaine décennie inscrite dans le réseau régional (Arc lémanique), national (l’ETHZ et l’Accademia de Mendrisio), et bientôt international. Un immense chemin a été parcouru.