Justice

Infanticide: un ancien cadre bancaire écope de seize ans de prison

L'homme avait étouffé sa fille de sept ans en 2012. Il prétendait avoir tué son enfant par accident, lors d'un jeu nommé «Qui est le chef»

Le verdict est tombé ce mardi matin dans l'affaire de l'infanticide qui a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 juin 2012, à Loèche-les-Bains. Un ex-cadre bancaire qui travaillait à Genève a été condamné à seize ans de prison pour assassinat, par le Tribunal d'arrondissement du Haut-Valais pour le district de Loèche. Le Vaudois d'adoption, qui habitait Founex, avait tué sa fillette de sept ans de ses propres mains, en l'étouffant et en l'étranglant, lors d'un weekend qu'il avait passé seule avec elle dans un deux-pièces dont il était propriétaire.

Né en France, dans une famille algérienne, il était arrivé pour la première fois en Suisse à l'âge de deux ans, par l'intermédiaire de l'association Feu et Joie qui s'occupe de placer, pour quelques semaines de vacances, des enfants défavorisés de la région parisienne dans des familles en Suisse. Le jeune garçon y était resté chez un couple valaisan jusqu'à l'âge de dix ans avant de devoir suivre son grand-père en Algérie. Il était revenu en Suisse, son BTS de fiscalité en poche.

Le jeu du «Qui est le chef»

Lors du procès, citations de messages WhatsApp et photos de notes manuscrites à l'appui, la procureure et l'avocat de la plaignante et épouse du prévenu et mère de la fillette ont démontré que la vengeance avait motivé l'acte de ce père de famille. Malheureuse à ses côtés, ne supportant plus son état dépressif et sa passivité devant ses revers professionnels - il avait été licencié deux fois en quelques années - son épouse avait décidé de le quitter.

Durant le procès, l'avocat de la défense, Beat Rieder, également conseiller aux Etats valaisan, avait appuyé la version de son client. Ce dernier prétendait avoir tué son enfant par accident, lors d'un jeu nommé «Qui est le chef», un divertissement qui consisterait à étrangler l'autre jusqu'à ce qu'il crie «stop!». Une version qui n'a apparemment trompé personne. L'indemnité pour tort moral qui sera versée à la mère de la fillette s'élève à 35 000 francs, soit 40 000 francs de moins que la somme qu'avait demandée son avocat. 

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