Ils n'étaient qu'une cinquantaine de fonctionnaires à s'être déplacés, mercredi, pour prendre part à la journée d'actions consacrée à l'administration centrale genevoise. Echarpes orange nouées autour du cou ou de la tête, arborant des pins où l'on pouvait lire «oranges pressées, prestations sucrées», la poignée d'employés qui a bravé le froid pour se rassembler devant l'Hôtel des finances à 16 h 30 brandissait une multitude de revendications. Mais aucune ne concernait précisément l'administration.

C'est pour dire «non aux attaques à nos conditions de travail, aux prestations et aux statuts», mais aussi «contre un budget antisocial, pour la défense des acquis sociaux» et même «pour la levée de l'inculpation des syndicalistes», que l'administration a tenté de se mobiliser, dans le cadre de la semaine d'actions et de grèves organisée par le Cartel intersyndical de la fonction publique (LT du 09.11.2004). Résultat: il y avait presque autant de préoccupations que de manifestants. Laurent Grobet, ouvrier au Service cantonal du traitement des eaux, s'emporte: «Je ne suis pas d'accord avec le budget 2005 et la suppression des annuités. On diminue nos salaires alors que les loyers vont augmenter.» Autre inquiétude: «Nous avons peur du projet de conventions collectives sectorielles discutées dans le cadre de la réforme du statut de la fonction publique», explique Roger Rosset, président de l'Union des cadres de l'administration centrale (UCAC). Pour Simone Girodo, membre du syndicat SSP/VPOD, il s'agit avant tout de mettre un frein «au mobbing de plus en plus fréquent» qui sévit au sein de l'Etat.

Au lendemain de la manifestation des syndicats enseignants, à laquelle 1000 personnes ont participé, la journée d'actions de l'administration est passée inaperçue. Pourtant, ce ne sont pas moins de 7000 personnes qui travaillent dans ce secteur, soit environ un quart de la fonction publique genevoise. Mais ils sont peu syndiqués: l'UCAC ne compte que 200 membres, selon son trésorier, Claude Parnigoni. S'ils ne se mobilisent que faiblement, c'est par crainte de leur hiérarchie, par absence d'esprit corporatiste, par réticence à afficher des revendications impopulaires, disent-ils. Mais également parce qu'«il y a une palette de professions si large au sein de l'administration qu'il est difficile de trouver un langage commun», selon Simone Girodo.