Etrangers criminels

«Notre initiative aura servi à faire pression sur le Parlement»

Céline Amaudruz accepte la défaite, mais elle estime que le peuple n’a pas sanctionné la méthode UDC

Devant une défaite sans appel, l’UDC genevoise Céline Amaudruz ne veut pas jouer les victimes: «Nous devons l’accepter, le non est très clair.» Pour autant, elle ne pense pas que le rejet du peuple suisse vient aujourd’hui sanctionner la méthode de l’UDC qui consiste à solliciter le peuple en court-circuitant le Parlement: «Notre initiative aura servi à faire pression sur le Parlement. En 2010, le législatif ne voulait pas mettre en oeuvre l’initiative «Pour le renvoi des étrangers criminels» de manière claire. Notre initiative de mise en oeuvre l’a aidé à prendre ce travail au sérieux.»

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La conseillère nationale ne se montre pas surprise par la forte mobilisation des opposants, notamment des milieux économiques: «Ils savent l’UDC performante quand elle fait campagne, puisque nous sommes souvent seuls contre tous. Je ne m’étonne donc pas qu’ils se soient engagés fortement pour nous combattre.» Elle se montre plus dubitative sur les raisons de fond, «sauf à considérer que la présence de criminels soit indispensable à la prospérité du pays», ironise-t-elle.

Reste que la machine à gagner UDC, dont le populisme a peut-être fini par lasser, s’est enrayée dimanche 28 février. Avec un changement de tactique à la clé pour les futurs objets soumis au vote, comme le referendum contre la nouvelle loi sur l’asile, sur lequel les Suisses se prononceront en juin prochain? «Il est en encore prématuré pour le dire», répond Céline Amaudruz. En revanche, la conseillère nationale promet déjà que son parti restera attentif devant la manière dont les juges mettront en pratique leur appréciation pour le renvoi des étrangers criminels: «On nous a promis qu’il n’y aura pas d’exception pour les crimes graves et nous allons y veiller.»

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