C’est un retour à la case départ que proposent aujourd’hui le Conseil fédéral et les chambres. Le peuple et les cantons ont approuvés à 67,9% de supprimer l’initiative populaire générale, adoptée en 2003. L’initiative générale, telle qu’elle a été conçue visait à enrichir la démocratie directe d’un nouvel instrument. Six ans plus tard, elle n’a pratiquement aucune chance d’être utilisée, en raison de la longueur qu’elle suppose tout d’abord: sept ans au moins s’écouleraient entre le lancement de l’initiative et l’adoption des révisions constitutionnelles ou légales qu’elle réclame, davantage si les initiants devaient utiliser la possibilité, nouvelle, d’un recours au Tribunal fédéral, pour contester la manière dont les intentions ont été traduites par le parlement.

En raison, ensuite, du nombre manifestement excessif de signatures exigées: 100 000, autant que pour un projet rédigé dont les auteurs, eux, sauf les très rares cas d’invalidation, sont en principe assurés de voir leurs propositions soumises au vote populaire dans des délais acceptables.

Il aura donc fallu six années pour que le parlement admette son incapacité à édicter le mode d’emploi de l’initiative. En effet, les chambres se sont aperçues un peu tard qu’elles n’avaient pas précisé dans la loi, la procédure et les modalités d’exercice en des termes praticables. Autant d’inconvénients qui étaient déjà décelables en 2003.