élections fédérales

Inoxydable, Daniel Brélaz brigue à nouveau un siège au National

Les Verts vaudois ont adopté leur stratégie électorale. Le syndic de Lausanne a pour mission de récupérer le troisième siège égaré en 2011

Il y a eu quelques voix discordantes, un peu de frustration, de la mauvaise humeur. Mais à la fin les Verts vaudois ont relancé leurs élus sortants à Berne: Luc Recordon aux Etats, en compagnie de la socialiste Géraldine Savary, ainsi qu’Adèle Thorens Goumaz et Christian van Singer au National. Ils ont propulsé sur l’avant de la scène une candidate prometteuse, Tinetta Maystre, municipale à Renens. Et ils ont accepté que Daniel Brélaz brigue à nouveau un siège à la Chambre basse. Le syndic de Lausanne figurera en cinquième position sur la liste du parti qui en compte 18, comme le nombre de sièges disponibles pour le canton de Vaud.

Réunis à Lausanne mercredi soir, les militants du parti ont mis en boîte leur stratégie pour les élections fédérales de l’automne prochain. La centaine de personnes présentes a suivi les propositions de leur Bureau après deux heures de palabres et quelques cafouillages de procédure.

Objet d’une fronde timide, qui s’auto-alimente à chaque échéance électorale depuis une dizaine d’années, Daniel Brélaz a écouté respectueusement ceux qui critiquaient sa longévité quelque peu encombrante pour la relève. Sans animosité, il a ensuite pris la parole pour défendre «l’efficacité tactique du choix de le placer en haut de la liste». Au vote, à bulletins secrets, les camarades ont dit oui à quatre contre un aux plans de leurs dirigeants.

Le pragmatisme a eu raison une fois encore des envies de meurtre du père. Les Verts veulent reconquérir le troisième siège perdu il y a quatre ans au National. Mais ils redoutent encore plus d’en égarer un supplémentaire. Dans une période où la vague écologiste semble s’essouffler, les Vaudois confient une fois de plus leur salut à la locomotive électorale qui règne sur le mouvement depuis bientôt quarante ans. En somme, la tribu se serre autour du totem et ferme les yeux. Jusqu’au sacrifice, comme l’a affirmé Christian van Singer, conscient de risquer sa place. Le renouvellement attendra encore. Au pire, une législature entière ou, au mieux, deux ou trois ans.

L’idée d’un relais entre un élu et un vient-ensuite, sans être évoquée mercredi soir, aurait néanmoins été discutée avant l’assemblée générale. En cas d’élection, Daniel Brélaz notamment pourrait se retirer avant le terme et favoriser l’arrivée d’un néophyte. Le remplaçant profiterait de la prime au sortant l’élection suivante. Et ce vient-ensuite pourrait être Tinetta Maystre. La municipale de Renens jouit d’une grande crédibilité auprès des siens qui ont voulu lui donner de la visibilité lors de la campagne qui démarre.

Quant à Daniel Brélaz, 65 ans, il va se retirer de la municipalité de la capitale vaudoise à la fin de la présente législature, l’année prochaine. Il y est entré en 1989, sous la houlette de la socialiste Yvette Jaggi, et il ne l’a plus quittée. Il dirige l’exécutif depuis 2001. Après une réélection tourmentée en 2011, le magistrat avait laissé entendre qu’il s’en irait à mi-parcours. Mais après une cure d’amaigrissement spectaculaire, reprenant du poil de la bête alors qu’il semblait en fin de course, Daniel Brélaz a finalement décidé d’aller au bout de son mandat.

Dans la foulée et désormais en pleine forme, le géant vert repart en campagne pour le Conseil national, où il a déjà siégé à deux reprises. D’abord, de 1979 à 1989, premier écologiste à gagner un parlement national. Ensuite, de 2007 à 2011. Cette année-là, le parti quelque peu éreinté l’avait contraint à abandonner Berne. Les Verts vaudois avaient en effet adopté une disposition à la mesure de la démesure de l’édile, la «Lex Brélaz». Soit l’interdiction faite à un conseiller national d’être en parallèle syndic d’une grande ville. S’il est élu, le Vert quittera d’ailleurs le Grand Conseil où il siège depuis 2012.

Publicité