Inquiétudes sous la Coupole autour des djihadistes

Sécurité Le Conseil fédéral ne voit pas de nécessité de durcir l’arsenal juridique

Le Centre islamique albanais de Lausanne a lancé lundi un appel à ne pas partir se battre en Syrie ou en Irak. Il ne faut pas «tomber dans les pièges des laveurs de cerveaux […] qui usent du nom de Dieu et changent son enseignement», écrit le centre dans un communiqué, publié sur le site Albinfo.ch. Pendant ce temps, et alors que les horreurs commises par l’Etat islamique se poursuivent, le thème des djihadistes s’est aussi invité au Conseil national. A l’heure des questions, le Conseil fédéral a répondu aux interrogations de plusieurs députés UDC et PDC.

«Les bases légales en vigueur sont-elles suffisantes pour permettre au Conseil fédéral et aux services de sécurité de surveiller les islamistes suisses et, le cas échéant, de les arrêter, de les incarcérer, voire de les expulser?» demande Peter Keller (UDC/NW). La réponse de Simonetta Sommaruga est très claire: oui, elles sont actuellement suffisantes. La ministre de Justice et police rappelle, tout comme dans sa réponse à une question de Fabio Regazzi (PDC/TI), que la nouvelle loi sur le renseignement devrait déjà permettre de pallier des lacunes au niveau de la récolte d’informations et de la surveillance préventive. Question de relance de Peter Keller: quid des risques d’infiltration de djihadistes étrangers en raison du système Schengen? Là aussi, la conseillère fédérale joue sur le registre du «Tout va très bien Madame la marquise». «La Suisse n’est en ce moment pas une cible prioritaire des terroristes islamistes», relève-t-elle dans sa réponse écrite. Elle insiste encore une fois sur les moyens déjà à la disposition des autorités concernées et souligne la bonne collaboration avec les pays de l’espace Schengen.

Pour le PDC, ce n’est visiblement pas assez. La semaine dernière, la présidence du parti a préconisé une série de mesures pour prévenir l’enrôlement de futurs djihadistes. Dont celle de retirer la nationalité suisse aux binationaux. Plusieurs résidents suisses, dont celui qui se fait appeler Abou Suleyman Suissery et qui est devenu émir d’un groupe de francophones au sein de l’Etat islamique, combattent actuellement en Syrie.

Police de la charia en Suisse?

Lundi, André Bugnon (UDC/VD) s’est de son côté voulu provoquant en demandant si une police de la charia, comme celle qui sévit dans la ville allemande de Wuppertal, serait possible en Suisse. Simonetta Sommaruga a commencé par rappeler que, selon la presse, cette «soi-disant police» recommande aux gens de «respecter les principes de la charia, par exemple pas d’alcool, pas de musique, pas de jeux d’argent et port du voile pour les femmes». Avant d’enchaîner: «Ce comportement paraît tolérable en vertu des libertés d’expression et religieuse, pour autant qu’il ne constitue pas une infraction pénale, par exemple l’usurpation des fonctions et la contrainte.»