Le HCR est préoccupé par la tournure que prend le débat sur l'asile en Suisse. «Nous regrettons que les réserves que nous avons émises n'aient pas été prises en considération», déclare Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Lors de la consultation expresse de juillet, le HCR avait notamment montré du doigt la volonté d'étendre la non-entrée en matière aux requérants qui n'ont pas de documents d'identité valables. Une telle mesure risque de violer la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés. Rupert Colville poursuit: «Avec ces dispositions, la loi sur l'asile suisse serait l'une des plus restrictives d'Europe et adoptée à un moment où le nombre des demandes d'asile est le plus bas depuis presque deux décennies!»

Une consultation «menée à la hussarde»

Yann Golay est lui aussi très inquiet, voir révolté. «La consultation a été menée à la hussarde, dans une précipitation démente. Et nous avons l'impression que les sénateurs n'ont probablement pas eu les éléments d'appréciation nécessaires pour se rendre compte de la portée de leurs décisions», souligne le porte-parole de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).

L'OSAR déplore particulièrement la suppression de l'admission humanitaire, l'extension de la suppression de l'aide sociale à tous les requérants déboutés et les restrictions concernant l'aide d'urgence. Ce dernier point porte clairement atteinte à la Constitution, soulève l'OSAR en se basant sur un avis de droit du professeur Jörg Paul Müller.