Hansjörg Walter est un parlementaire sympathique et courtois qui a fait ses preuves dans le monde agricole. Est-ce suffisant pour devenir conseiller fédéral? Cela reste à prouver. Il y a un domaine où ses compétences ne font pas débat: sa maîtrise du français, proche du zéro pointé. Le président du Conseil national est encore moins convaincant que son prédécesseur Bruno Zuppiger. Il fallait le faire.

Le choix de Hansjörg Walter a beau avoir été fait dans la précipitation, il souligne une nouvelle fois les limites du personnel politique de l’UDC. A l’exception de Hans Fehr, Luzi Stamm et Roland Eberle, aucun parlementaire fédéral alémanique ne maîtrise correctement le français. Une situation qui pose problème quand il s’agit de trouver des candidats pour siéger au Conseil fédéral. Car il faut le dire clairement: pour être crédible, un aspirant ministre doit impérativement pouvoir s’exprimer dans une deuxième langue nationale, fût-elle hésitante.

L’UDC repousse cette exigence du revers de la main pour ses candidats aléma­niques. Ce faisant, elle brise la concordance. Pas dans sa dimension arithmétique, qu’elle agite comme argument électoral en vue du 14 décembre, mais dans son fondement culturel: celui d’une Suisse multiple, protéiforme, condamnée à domestiquer ses différences dans la compré­hension mutuelle.