Le Grand Conseil genevois se penchera, vraisemblablement en décembre, sur les effets d’un nouveau marché du logement, via la plateforme internet Airbnb, consistant à mettre à disposition des appartements de particulier à particulier, en principe pour de courtes durées et pour des voyageurs.

Or, le système peut vite dériver. C’est le constat fait par Alberto Velasco, président de l’Asloca Genève et député socialiste, qui dépose une interpellation. Il relève que «le phénomène Airbnb prend de l’ampleur dans notre canton et est en passe de créer ce que l’on appelle un marché parallèle, par ailleurs déjà dénoncé par les associations faîtières hôtelières pour cause de concurrence déloyale».

Plus loin, l’élu craint que’«Airbnb fasse exploser le prix des locations, provoque dans notre canton qui connait une pénurie aiguë, une hausse générale des loyers et aggrave encore la tension sur le marché du logement, en réduisant notamment l’offre d’appartements destinés à une location durable».

Il n’appelle pas à l’interdiction de platefomes comme Airbnb, mais demande «d’en mesurer les impacts afin de pouvoir, le cas échéant, les cadrer voire les réguler afin de se prémunir contre des conséquences collatérales préjudiciables».

Et d’interroger le gouvernement: suit-il ce «marché parallèle» ? Evalue-t-ilses conséquences sur le marché du logement ? «Considérant que l’on ne peut exclure qu’un logement, voire un immeuble, ne se transforme à terme en objet quasi hôtelier et sorte ainsi du marché du logement, le Conseil d’Etat peut-il assurer que le cadre législatif visant à préserver le parc locatif est respecté et que les règles liées au changement d’affectation de logement sont observées ?»

Alberto Velasco se demande même si le phénomène ne pose pas problème en lien avec la Lex Weber et la règle concernant le maximum de 20 % de résidences secondaires dans les communes ?

L’élu précise encore que, si l’Etat ne devait pas prendre son intervention au sérieux, il réfléchira au lancement d’une initiative.