Le système policier suisse peut-il être réformé? On pourrait en douter à entendre les soupirs résignés que poussent certains responsables fédéraux avant même le lancement officiel du projet USIS. Selon eux, remodeler la sécurité intérieure en Suisse fera ressembler la réforme de l'armée à une promenade de santé, et les chances de faire accepter des changements par les cantons sont nulles.

Ce pessimisme est peut-être exagéré. Les policiers et les magistrats des cantons sont bien placés pour savoir que le système actuel est obsolète. L'incapacité de mener à bien des enquêtes complexes, l'engagement de l'armée pour pallier le manque d'effectifs civils illustrent la réalité du problème. La plupart des acteurs admettent que des réformes sont nécessaires.

La vraie résistance pourrait venir du monde politique. La gauche ne veut pas d'une super-police, et une partie de la droite place toute sa confiance dans un renforcement des contrôles aux frontières. Pour beaucoup, il semble inconcevable de réduire les prérogatives de polices cantonales génératrices de prébendes et de pouvoirs. L'esprit cantonaliste, le Kantonligeist, peut-il être vaincu? Ruth Metzler a quelques mois pour prouver que son projet est autre chose qu'un exercice bureaucratique voué à un oubli rapide.

Sy. B.