Isabelle Chassot n’est pas du genre à se mettre en avant. Quand on lui demande quelles sont ses réalisations comme conseillère d’Etat, elle tient toujours à souligner que les projets qu’elle a défendus sont «ceux du Conseil d’Etat dans son ensemble».

Née en 1965, la démocrate-chrétienne reste malgré cela «la» personnalité forte du gouvernement fribourgeois. Avec sa ligne centriste, elle permet les majorités au sein du collège.

Sa réélection est une évidence pour tous les partis. Beaucoup pronostiquent qu’elle passera au premier tour. Elle avait terminé à la première place de l’élection en 2006, avec le score de 40’128 voix.

Reconnue dans toute la Suisse grâce à sa présidence de la Conférence des directeurs cantonaux de l’Instruction publique, elle a porté le projet d’harmonisation scolaire Harmos. Une position qu’elle a renforcée en 2010 lorsque les Fribourgeois ont accepté Harmos avec 61.09%.

Particulièrement écoutée dans son parti, elle était la collaboratrice personnelle de Ruth Metzler au Conseil fédéral avant 2002.

Ecole enfantine à concrétiser

Elle parle d’elle-même toutefois pour souligner un regret, «un échec personnel» selon ses mots: la fermeture des cours d’introduction aux études universitaires en Suisse pour les étudiants étrangers. «Nous formions l’élite de certains pays.»

«J’aurais aussi voulu que nous soyons plus avancés dans l’enseignement spécialisé pour les enfants en situation de handicap», ajoute-t-elle.

Au chapitre de ses réalisations, elle a réussi la mise en place de la deuxième année d’école enfantine Fribourg, ce qui représente une augmentation drastique du nombre d’élèves. Elle a défendu le projet ardemment, sans toutefois prendre trop de risques. Car la réforme devenait obligatoire avec Harmos.

Mais il lui reste encore du travail car toutes les classes prévues ne sont pas encore ouvertes. Le manque est particulièrement criant en Ville de Fribourg.

«Elle n’a pas écouté la base»

Isabelle Chassot a également réussi l’intégration au Plan d’Etudes romand (PER). Elle a aussi été sur le devant de la scène lorsqu’elle a refusé d’interdire le voile à l’école l’an dernier.

Mais elle a connu quelques points noirs. Son projet de loi scolaire l’a desservie, car la consultation qu’elle a menée a montré de nombreux avis contradictoires au sein de beaucoup de milieux.

Elle doit faire face à l’opposition des enseignants dans plusieurs dossiers. «Elle n’a pas écouté la base», note une députée socialiste. Mais on lui reconnaît la qualité de vouloir «pousser en avant» le développement de l’Université et les Hautes Ecoles.

Elle devra se battre l’an prochain pour garantir le financement fédéral des Hautes écoles. Au niveau cantonal, certaines infrastructures – comme le collège du Sud – devront être améliorées.