Depuis le 1er janvier de cette année, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) a changé de nom pour devenir l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS). Mais elle a été secouée par une grave crise à la suite de plaintes déposées contre celui qui a été son président durant près de dix ans, le pasteur bernois Gottfried Locher, surnommé par certains «l’évêque». Accusé de comportements abusifs auprès de plusieurs femmes, il a démissionné en mai.

Ce lundi à Berne, le parlement de l’Eglise réformée (le synode), composé de 80 délégués issus de toutes les régions du pays, élira son successeur. Pour la première fois de leur histoire, les protestants seront représentés par une femme. En effet, deux candidates sont en lice: la pasteure zurichoise Rita Famos, et Isabelle Graesslé. D’origine alsacienne, cette dernière a longtemps vécu à Genève. Après avoir été la première femme modératrice de la Compagnie des pasteurs et des diacres genevois, Isabelle Graesslé a dirigé le Musée international de la Réforme. Depuis trois ans, elle est pasteure à Prilly, juste à côté de Lausanne. Ses chances d’élection sont réelles, d’autant que cela fait trente-quatre ans qu’il n’y a plus eu de Romand à la tête de cette institution considérée comme l’alter ego de la Conférence des évêques suisses. Pour être élue, Isabelle Graesslé a mené une campagne digne d’une politicienne. Site internet, interviews dans la presse alémanique, mais également rencontres avec des représentants de toutes les églises cantonales.