Election

Isabelle Moret et Pierre Maudet ont gagné à être connus

Le groupe parlementaire PLR décide ce vendredi s’il présente deux ou trois candidats à l’Assemblée fédérale. Les deux scénarios sont possibles. La campagne a éveillé une certaine curiosité sur Internet

La campagne pour la succession de Didier Burkhalter entre dans sa seconde phase avec la désignation, ce vendredi après-midi, des noms que le groupe PLR proposera formellement à l’Assemblée fédérale pour l’élection du 20 septembre. Les 46 membres du groupe, à qui le secrétariat a imposé une consigne de silence, se réunissent à l’Hôtel Beau-Rivage, à Neuchâtel. En remplacement d’Ignazio Cassis, c’est le vice-président Beat Walti (ZH) qui tiendra la baguette du chef d’orchestre. Chaque candidat se présentera durant trente minutes, puis le groupe fera son choix. Cette séance précède la fête d’été (ou plutôt d’automne, vu la météo) du parti, samedi sur la plage d’Auvernier.

Deux courants se dégagent, mais la dynamique propre au groupe parlementaire peut encore modifier les lignes de front, avertit-on. Le premier, majoritaire, souhaite la désignation d’une double candidature. Un autre camp, minoritaire, considère que les trois dossiers sont suffisamment variés pour offrir un véritable choix à l’Assemblée fédérale. Il plaide pour que le groupe ne tranche pas. Cela éviterait d’ouvrir d’inutiles plaies qui pourraient être longues à cicatriser.

La responsabilité des Femmes PLR

Ignazio Cassis paraissant placé d’office, c’est Isabelle Moret ou Pierre Maudet qui sera sacrifié(e) si la première option l’emporte. Or, la première nommée est la seule femme en lice et elle a été longtemps la vice-présidente du parti. L’éliminer serait blessant pour elle et risquerait de fragiliser une éventuelle candidature ultérieure au gouvernement vaudois. Mais ce scénario a été rendu possible par les Femmes PLR elles-mêmes. N’ont-elles pas demandé, dès l’annonce du départ de Didier Burkhalter, qu’une femme libérale-radicale soit désignée «dès les prochaines élections ou au plus tard lors du prochain siège vacant au Conseil fédéral»? En d’autres termes, on peut attendre le départ de Johann Schneider-Ammann en 2019. En coulisses, on interprète cela comme le constat que Karin Keller-Sutter est une plus grande pointure politique qu’Isabelle Moret.

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Quant à Pierre Maudet, il est l’une des rares vraies figures montantes du PLR dans les exécutifs cantonaux. Lui couper les ailes en plein envol serait contre-productif. La campagne qu’il a menée lui a permis de montrer le travail qu’il a effectué durant ses dix années de fonctions exécutives à Genève. Il est apparu comme un homme d’action, à l’aise en allemand et très ambitieux, mais a donné l’image du candidat providentiel qui sait tout.

Il a en tous les cas éveillé une grande curiosité dans les médias alémaniques, où nombre de portraits et d’interviews ont été publiés. Même le magazine économique Bilanz lui a réservé un entretien de six pages. L’indice de consultation Google Trends montre que, outre Genève, c’est dans les cantons de Vaud, du Valais, de Fribourg et de Berne que les recherches ont été les plus actives sur Internet. Le pic se situe logiquement le 4 août, jour de l’annonce de sa candidature.

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Genève boude Isabelle Moret

Ce n’est cependant pas lui qui a suscité la plus grande curiosité autour de sa personne. C’est Isabelle Moret. C’est le 6 août, au lendemain de l’annonce de sa candidature, et le 10 août, jour de sa présentation officielle, que les recherches sur Internet ont été les plus fréquentes à son sujet. Elles ont été particulièrement nombreuses dans tous les cantons romands, sauf à… Genève! Les Bernois et les Tessinois ont eux aussi voulu en savoir davantage sur elle.

L’envie de découverte de la personnalité d’Ignazio Cassis s’est étalée sur toute la période estivale. Il a été le premier nom évoqué sitôt la démission de Didier Burkhalter annoncée le 15 juin. Un second pic est observé le 11 juillet, le jour où le comité directeur du PLR tessinois l’a lancé. Hormis au Tessin, c’est dans les cantons de Berne, Vaud, Genève, Lucerne et Zurich que les quêtes d’informations ont été les plus actives. Ignazio Cassis a fait l’objet d’une attention soutenue durant près de trois mois. Il y a résisté. L’abandon de son passeport italien est critiqué par la gauche, qui lui reproche déjà d’être le suppôt des caisses maladie. Mais cette décision ne l’affaiblit pas au sein du groupe, entend-on.

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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