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Isabelle Moret quittera la vice-présidence du PLR

Malgré la révision prévue des statuts du parti, la Vaudoise ne briguera pas de nouveau mandat. Sa succession soulève beaucoup d’intérêt

Isabelle Moret en a informé ses collègues mercredi après-midi: elle cédera la vice-présidence romande du PLR, qu’elle occupe en duo avec le Genevois Christian Lüscher, le 16 avril prochain. Pourtant, ce jour-là, une révision des statuts du parti sera soumise à l’assemblée des délégués à Berne. Elle pourrait permettre à la Vaudoise, appréciée et reconnue dans son travail de vice-présidente, de prolonger son mandat de huit à douze ans. Mais Isabelle Moret a pris sa décision. «Les statuts vont être révisés après le délai de candidature fixé au 16 mars. Donc je considère que cela ne s’applique pas à ma personne.» Sans regret. «J’ai pris d’autres engagements, notamment à la Fédération des industries alimentaires suisses et peut-être qu’un autre mandat s’y ajoutera ces prochaines semaines», glisse-t-elle énigmatique sans vouloir donner davantage de précisions.

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Un 20% bénévole

Isabelle Moret souligne aussi qu’elle a elle-même participé à la dernière révision des statuts du parti qui limitent à 8 ans le mandat de vice-président. Il s’agit de favoriser le tournus à une fonction «très enrichissante mais assez lourde quand même. Cela représente environ un 20% bénévole».

Vu la tournure prise par la course à la présidence du PLR, avec une candidate unique, inattendue et peu connue, soit Petra Gössi, la Vaudoise aurait aussi pu briguer cette fonction. De nombreux médias alémaniques ont d’ailleurs plébiscité la conseillère nationale trilingue. Mais sur ce point non plus, pas de regret: «Une candidature aurait été envisageable. Mais je reste persuadée qu’après avoir élu un président de groupe latin (ndlr: le Tessinois Ignazio Cassis) il nous faut un président de parti alémanique», explique Isabelle Moret.

Les PLR romands aux Chambres fédérales auraient atteint leur but: s’assurer un président de groupe latin afin de pouvoir exprimer leur sensibilité lors des votes. En revanche, en coulisses, la succession de Philipp Müller à la présidence du parti apparaît comme un cadeau empoisonné. Les dernières élections fédérales ont été une réussite pour le PLR. Il sera difficile de faire mieux.

Philippe Nantermod candidat sans fard

La succession d’Isabelle Moret s’annonce ainsi plus disputée que celle de Philipp Müller. Qui donc pour former le tandem avec le libéral Christian Lüscher? Un seul candidat affiche ses ambitions sans fard aujourd’hui. Le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) ne l’a jamais caché, il est très intéressé. «J’ai passé 7 ans à la tête des jeunes radicaux suisses et j’ai adoré avoir le rôle de courroie de transmission entre les sections, la base et le parti. J’ai aussi envie de participer au processus de décision avec mon approche libérale et progressiste.»

Philippe Nantermod peut se targuer d’avoir déjà mené plusieurs campagnes de votation sur le plan fédéral. Mais ne brûle-t-il pas les étapes, à pas même 32 ans? «Si j’avais la même expérience tout en étant plus vieux, on ne me ferait aucune remarque. Ma jeunesse peut être une qualité.»

Fathi Derder pour une vice-présidence thématique

D’autres élus fédéraux lorgnent sur la fonction d’Isabelle Moret tout en réservant leur décision. C’est le cas de Fathi Derder (PLR/VD): «J’ai très envie d’une chose assez simple, à savoir qu’il y ait à la tête du parti une sensibilité aux thématiques que je défends. Mais je dois encore définir si je peux assumer la fonction en termes de temps». Selon Fathi Derder, le PLR doit donc se profiler, dans sa présidence également, comme le parti de l’innovation, du renouvellement du tissu économique, de la recherche, etc.

Et la sensibilité romande? «Il y a déjà Christian Lüscher pour cela. Je m’engagerais davantage sur des thèmes à la vice-présidence», affirme Fathi Derder, tout en reconnaissant que le contact avec la base n’est pas son fort. Autre papable cité jusqu’ici, Frédéric Borloz, le président du PLR vaudois qui vient d’être réélu à la syndicature d’Aigle, reste évasif: «Je vous dirai à la fin de la session si j’ai un intérêt ou pas». Certains élus PLR verraient également bien le conseiller aux Etats vaudois Olivier Français, désormais libéré de la municipalité de Lausanne, pour succéder à Isabelle Moret. «Je découvre ce paramètre. On en discutera. Mais vous savez, pour l’instant, mon ambition s’arrête à avoir la santé et du plaisir dans mes fonctions».

Dates clés

2006
Entrée au Conseil national.

2008
Accession à la vice-présidence romande du PLR.

16 avril 2016
Date à laquelle elle remettra son mandat de vice-présidente.

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