La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey regrette le fait que le Conseil fédéral ne soit pas invité aux célébrations du 60e anniversaire de la création de l'Etat d'Israël. Dans la presse alémanique, la cheffe du DFAE a insisté sur la neutralité du pays s'agissant de sa politique au Proche-Orient.

Révélée par la télévision alémanique, cette absence d'invitation a poussé le DFAE à préciser d'emblée que les relations entre la Suisse et Israël sont «intenses et fructueuses». A l'inverse, la conseillère nationale Christa Markwalder (PRD/BE) a jugé que la mise à l'écart du gouvernement suisse est due aux critiques du DFAE lors de la guerre menée contre le Hezbollah en 2006. Elle prouverait, en résumé, la partialité de la position de la ministre socialiste. Celle-ci réplique que la Suisse, dépositaire des Conventions de Genève, se doit de condamner toute violation du droit humanitaire, quel que soit le pays: «Israël devrait justement comprendre cette position.»

Contactée par l'ATS, une source diplomatique israélienne relativise la portée de cette non-invitation. La liste des convives est dressée par le seul président israélien Shimon Peres, qui accueillera des proches tels que l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger ou l'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Seuls 13 chefs d'Etat ou de gouvernements sont invités.

Deux invités suisses

De fait, les festivités des 60 ans de l'Etat d'Israël sont surtout axées sur des activités culturelles, concerts, spectacles et festivals, ainsi que plusieurs célébrations de la jeunesse. Elles ne comportent pas de volet protocolaire stricto sensu. Le budget des manifestations, 29,6 millions de francs, contraste avec les 74 millions dépensés lors du 50e anniversaire. Outre l'ambassadeur, deux Suisses seront présents lors de l'un des 60 événements prévus dès le 8 mai, le créateur du Forum économique mondial de Davos, Klaus Schwaab, ainsi que le chercheur et prix Nobel de chimie Kurt Wuthrich.

La Suisse pourrait toutefois se trouver gênée aux entournures par une autre invitation, cette fois réelle, prévue à Genève et révélée par Le Matin dimanche. Toujours en lien avec les 60 ans de la création d'Israël, des organisations pro-palestiniennes genevoises proposent une série de conférences durant lesquelles s'exprimera, avec Hani Ramadan, le directeur de l'Institut de la pensée islamique, Azzam Tamimi, basé à Londres. Lequel a dit à plusieurs reprises sa compréhension à l'égard des kamikazes palestiniens. Ignorant l'existence de cette conférence organisée par l'association Droit pour tous, les autorités cantonales annoncent vouloir ouvrir une enquête sur cet hôte embarrassant, tandis que le DFAE rappelle l'obligation de respecter le droit en vigueur - donc, de bannir toute forme d'apologie du terrorisme.