Le Grand Conseil vaudois s'achemine vers une résolution pacifique du conflit qui oppose le Conseil d'Etat aux communes. Une commission du parlement a soutenu l'idée d'une abrogation du décret reportant 17 millions des charges cantonales sur les communes. Si les députés la suivent, sans doute avant les vacances d'été, le canton échappera donc au référendum lancé par les localités et soutenu par les libéraux et les milieux économiques. Les opposants avaient recueilli plus de 30 000 signatures, un record historique.

L'idée de cette sortie de crise est venue des partis de droite: les chefs de leurs groupes au Grand Conseil, emmenés par le radical Michel Mouquin initialement favorable au report, ont déposé une motion en mars dernier.

Si le parlement devait confirmer le choix de la commission, il forcerait le Conseil d'Etat à une ultime reculade dans ce dossier brûlant. Initialement, le gouvernement espérait ponctionner les communes de 100 millions. Le montant s'est progressivement réduit à 53, puis à 28 millions, avant que les députés rejettent l'idée d'une nouvelle répartition de l'impôt sur les gains immobiliers, qui aurait rapporté 11 millions à l'Etat.

Outre le large succès du référendum, un autre élément a pesé dans la balance: la proximité des élections cantonales de mars 2007. Hormis les libéraux, qui se sont rangés immédiatement dans le camp des référendaires, aucune formation politique n'a intérêt à lancer une campagne sensible à quelques mois du scrutin. Ce qui ne devrait pas empêcher la gauche de présenter un rapport de minorité favorable au décret.

Les choses devront toutefois aller vite: le décret contesté ne porte que sur 2006 et 2007. Forcé par le parlement, le gouvernement devrait proposer une abrogation en septembre, assortie d'un éventuel contre-projet. Si les députés restent acquis aux 17 millions, les Vaudois se rendront aux urnes, sans doute en novembre.