Signe révélateur: questionné par l'Institut d'études sociales de Genève sur l'acquisition du droit de vote aux étrangers, plus de 90% des Italiens interrogés ont répondu par l'affirmative, ce droit étant notamment considéré comme une nécessaire appartenance à la vie genevoise. Ce besoin identitaire, exprimé par des jeunes âgés entre 18 et 35 ans, est également revendiqué depuis des années par leurs aînés.

Avant d'exiger la possibilité de s'exprimer au travers des urnes, les deuxième et troisième générations d'immigrés italiens sont parvenues à obtenir de meilleures conditions de travail en militant au sein de différents syndicats. Un sens de l'organisation qui se retrouve dans la mise en place de cercles ou d'associations régionales, dont les premiers ont été créés dans les années 50 et 60, peu après les premières arrivées massives de travailleurs.

Après ces époques de fortes activités, la communauté connaît un déclin. A la difficulté de moderniser les institutions existantes viennent encore s'ajouter des problèmes de santé pour nombre de membres. En raison de la pénibilité du travail, plus de 40% des hommes occupés dans le secteur du bâtiment sont aujourd'hui à l'Assurance Invalidité avant l'âge de la retraite. Aussi, la dernière génération ne se reconnaît plus dans les associations créées par leurs parents. La Bottega, une association culturelle fondée par des jeunes italiens, tente aujourd'hui de mieux répondre aux nouvelles attentes identitaires tant italiennes que suisses, même si la plupart d'entre eux ont aujourd'hui acquis la nationalité helvétique.

Li. Ly