L'expert: Ivan Pictet, président de la Fondation Genève Place Financière

«La place financière genevoise se réjouit que l'on soit passé, pour l'exercice 2007, d'un déficit de 100 millions à un excédent de 400 millions de francs. Nous constatons toutefois que cet écart s'explique surtout par les rentrées fiscales dues à une conjoncture exceptionnelle. La situation économique de Genève est largement imputable à la place financière, premier contribuable du canton. Nous nous félicitons aussi que le budget 2008 présente 40 millions de bénéfice au lieu de 120 millions de déficit. La place financière est satisfaite que David Hiler n'ait pas l'intention d'ouvrir les vannes en matière de dépenses.

Il serait injuste de prétendre que le Conseil d'Etat n'est pour rien dans ces bons résultats. De 2005 à 2008, les dépenses générales ont diminué de 16%. Le gaspillage a été traqué avec efficacité. Par ailleurs, le gouvernement a réussi à maîtriser l'augmentation de la masse salariale, qui n'a crû que de 1,3% pendant la même période.

Mais tout n'est pas rose. La dette de 13 milliards, stabilisée uniquement grâce aux transferts d'actifs, place Genève dans une situation extrêmement critique. Il est impératif d'affecter les excédents de 2007 et 2008 à la réduction de la dette. Selon nos analyses, 2009 sera l'année de tous les dangers. Nous préconisons dès lors une planification de la vente d'actifs et la recherche de nouveaux remèdes pour agir rapidement.

Nous relevons que le gouvernement ne parvient pas à diminuer le volume de ses subventions: elles pèsent 3 milliards sur un budget 6,8 milliards. De 2005 à 2008, elles ont augmenté de 7%. Pour la place financière, il est hors de question d'accepter une hausse de la fiscalité pour compenser ces coûts. Genève détient le taux d'imposition le plus élevé de Suisse, ses dépenses publiques dépassent de 60% celles des autres cantons.»