Il était la raison invoquée par le Conseil des Etats en juin dernier pour justifier sa décision de ne rien décider au sujet de l'interruption de grossesse (Le Temps du 21 juin 2000). Le contre-projet du gouvernement à l'initiative populaire anti-avortement «Pour la mère et l'enfant» ne verra pas le jour. C'est ce qu'a annoncé la cheffe de Justice et Police Ruth Metzler: dans le message qu'il présentera à l'automne, le Conseil fédéral prônera le rejet sans contre-projet. Il s'en remet au parlement pour élaborer l'initiative parlementaire qui en tiendra lieu.

Après deux jours de discussion, la commission des Etats a donc annoncé vendredi qu'elle remettait l'ouvrage sur le métier, comme le plénum l'avait demandé en juin. Trois projets sont toujours en lice aux Chambres. La solution des délais, qui autorise l'avortement durant les 14 premières semaines et déjà votée par le National, a le soutien de la majorité de la commission. Menée par le président Dick Marty (rad./TI), elle propose toutefois la mise en place de centres de consultation non obligatoire. Soutenue par le groupe PDC et Ruth Metzler, la minorité Simon Epiney (PDC/VS) défend la solution «de la protection»: la mère décide, mais dans ce cas, la consultation dans un centre est obligatoire, sous peine d'emprisonnement. Une obligation «absurde juridiquement» selon Dick Marty, qui remarque toutefois: «Sur l'essentiel nous sommes d'accord: c'est la femme qui décide durant les trois premiers mois de la grossesse. La discussion est donc possible.»