Genève

Ivre, Céline Amaudruz appelle son conseiller fédéral à la rescousse

Interpellée en état d’ivresse au volant il y a dix jours, la conseillère nationale avait près de deux pour mille d’alcool dans le sang. Conduite au poste, la Genevoise a appelé Guy Parmelin à l’aide. «Pour chercher du réconfort», assure son avocat

Qu’est-il vraiment arrivé à Céline Amaudruz il y a dix jours, à son retour du concours hippique international de Genève? Dans un communiqué spontanément adressé aux médias mardi, la conseillère nationale UDC annonçait sobrement avoir été contrôlée au volant alors que son taux d’alcoolémie «excédait la limite légale». Considérant qu’il était de son devoir d’élue fédérale de «s’exprimer publiquement sur ces faits» et disant regretter ce comportement, la parlementaire saluait dans le même geste le «travail exemplaire de la police genevoise», dont les agents avaient fait preuve de «beaucoup d’humanité». Elle affirmait encore ne demander «aucun traitement de faveur».

Les informations obtenues par «Le Temps» de sources policières sur les circonstances de ce contrôle racontent une histoire bien plus haute en couleurs. Impliquant notamment l’intervention du conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin, aux petites heures du matin.

Un taux d’alcoolémie de 1,92‰

Dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 décembre, la police genevoise est alertée par un chauffeur de taxi qu’une voiture zigzague sur la route de Ferney, en direction du centre-ville. A son bord, une femme seule. Alors que la police tente de la localiser, la voiture poursuit sa route en direction de la rive gauche. Passé le pont du Mont-Blanc, une patrouille de police lui ordonne de s’arrêter. Mais l’automobiliste n’en fait rien et poursuit son chemin.

Elle finit par être interpellée à l’intersection du boulevard Helvétique et de la rue du Rhône. Céline Amaudruz décline alors son identité et informe les policiers de sa fonction de conseillère nationale. Mais elle refuse de se soumettre à l’éthylotest, malgré leur insistance. Plutôt que de souffler dans le ballon, indiquent nos sources, Céline Amaudruz hausse le ton et prévient les représentants de l’ordre qu’elle appelle le procureur général, Olivier Jornot. Ce dernier ne répondant pas, Céline Amaudruz passe plusieurs coups de fil et finit par accepter le test. Le verdict tombe: 1,92 pour mille. Un taux d’alcoolémie très élevé, près de quatre fois supérieur à la limite légale.

Une élue en «état de panique»

La conseillère nationale est conduite au poste. Arrivée sur place, elle prend contact avec son avocat, le conseiller national PLR Christian Lüscher. Avant de passer un coup de téléphone autrement plus surprenant: tôt le matin, la conseillère nationale appelle «son» conseiller fédéral, l’UDC vaudois Guy Parmelin, en charge du Département fédéral de la défense. Le ministre répond et découvre, selon une source proche du conseiller fédéral, une Céline Amaudruz en «état de panique». Le ministre lui demande alors de s’entretenir avec le policier, qui lui explique la situation.

Reprenant la Genevoise au téléphone, le conseiller fédéral tente de la rassurer et «l’enjoint de se calmer et de coopérer», poursuit la même source. Au terme de son audition et après d’autres appels à des proches, Céline Amaudruz finit par reconnaître avoir trop bu pour conduire. Mais réfute le fait de ne pas avoir été maîtresse de son véhicule et d'avoir refusé de coopérer avec la police.

Un moment de «profond désarroi», qui conduit à une «grosse bêtise»

Dans quel but la conseillère nationale a-t-elle entrepris d’appeler Guy Parmelin depuis le poste de police? Contactée, Céline Amaudruz préfère laisser répondre son avocat, Christian Lüscher. «Dans un moment de profond désarroi, elle a voulu chercher du réconfort auprès de l’un de ses très proches amis, qui se trouve être Guy Parmelin, explique l’avocat. Elle n’a donc pas appelé un conseiller fédéral mais un ami proche, pour chercher un soutien moral. A ma connaissance, il lui a alors donné le même conseil que moi, une heure et demie plus tôt: collaborer et présenter ses excuses aux policiers pour son comportement routier inadéquat. Ce qu’elle a fait.»

Et Christian Lüscher de conclure: «Céline Amaudruz a fait une grosse bêtise, dont elle assume la triple peine, pénale, administrative et médiatique.»


A propos de Céline Amaudruz

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