«Un message électoral important»

Ancien secrétaire général du Parti démocrate-chrétien suisse de 1988 à 1992, aujourd’hui conseiller en communication et président du conseil de fondation du Centre de formation des médias (MAZ) de Lucerne, Iwan Rickenbacher apporte son éclairage sur le pacte économique scellé entre les présidents de l’UDC, du PLR et du PDC.

«Depuis plusieurs années, le PDC subit une érosion de son électorat. Son aile conservatrice s’éloigne de lui et rejoint en partie les rangs de l’UDC.

»C’est un aspect important qu’il faut prendre en compte pour comprendre la démarche. En décidant de rejoindre le PLR et l’UDC au sein de cette coalition de politique économique, la direction du parti souhaite adresser un message clair à l’interne: le PDC est et reste un parti bourgeois. Elle espère ainsi stopper l’éloignement, voire l’exode, de son aile conservatrice et veut apporter une réponse à ceux qui lui reprochent de n’être ni un parti de gauche ni un parti de droite.

»Le rôle actif que le PDC a joué au moment de l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf en 2007 a donné l’image d’un parti qui s’alliait avec la gauche contre l’UDC. Cela a fait des dégâts à droite. En année électorale, il était important que le PDC clarifie sa position et s’affiche comme une force bourgeoise. C’est aussi une réponse au conseiller national ­Gerhard Pfister, qui a souvent regretté l’image trouble que le PDC a donnée de lui ces dernières années.

»Le PDC est certes le parti qui forme les majorités politiques au parlement. C’est une réalité. Il montre cependant que, sur les thèmes économiques et financiers, il était prêt à suivre le PLR et l’UDC, car il partage des positions communes avec eux.

»C’est, j’en suis convaincu, le message principal qu’il faut lire dans la présence de Christophe Darbellay aux côtés de Toni Brunner et de Philipp Müller lors de la présentation de ce paquet de mesures destinées à renforcer les conditions-cadres de la place économique suisse.»