Présidente du Conseil d'Etat vaudois cette année, et première femme à occuper ce poste, Jacqueline Maurer-Mayor n'a pu diriger les débats du gouvernement hier lundi. Au milieu de l'après-midi, un communiqué extrêmement succinct du bureau d'information cantonal annonçait que la cheffe du Département de l'économie, élue au Conseil d'Etat en 1997, avait été admise au Centre hospitalier universitaire de Lausanne (CHUV) «en raison d'une perturbation transitoire de sa circulation sanguine». Chancelier de l'Etat de Vaud, Vincent Grandjean faisait savoir aux journalistes que des nouvelles plus précises sur l'état de santé de Jacqueline Maurer ne seraient «vraisemblablement pas données avant jeudi, mais que, selon la détermination des médecins, ce délai pourrait être raccourci».

Collaborateur personnel de Jacqueline Maurer, Stéphane Haefliger se montrait de son côté rassurant, en soulignant que sans être prévue, l'hospitalisation de la magistrate n'avait pas été une urgence médicale: «Mme Maurer a estimé elle-même qu'elle devait faire un examen de santé, et elle s'est rendue au CHUV, dont elle pourrait d'ailleurs sortir rapidement. De sa chambre, elle est en contact avec les responsables de son Département, et continue de s'occuper des affaires courantes.»

En fait, les investigations que nécessite la santé de la présidente du Conseil d'Etat sont menées avec la plus grande minutie. D'après ce que Le Temps a pu apprendre, c'est mardi dernier déjà, alors qu'elle venait de reprendre le chemin de son bureau, que Jacqueline Maurer, qui a fêté ses 53 ans le 22 juin dernier, a éprouvé des vertiges et s'est rendue au CHUV. Depuis, elle y est restée en observation, dans l'attente de savoir si la perturbation circulatoire repérée – et considérée comme sérieuse – devait ou non faire l'objet d'une intervention chirurgicale. Et c'est sur ce point que les trois médecins spécialistes qui s'occupent de son cas n'avaient pas encore pris de décision hier. L'enchaînement des événements a été une surprise pour tout le monde, y compris pour la patiente elle-même qui se sentait en pleine forme à son retour de vacances.

Depuis son élection au Conseil d'Etat, la radicale Jacqueline Maurer avait déjà été éloignée de son bureau six semaines, entre fin décembre 1998 et janvier 1999, pour être opérée d'une arthrose de la hanche. Elle avait été remplacée à la tête de son département par la socialiste Francine Jeanprêtre, qui est toujours sa suppléante. C'est Charles Favre, vice-président du Conseil d'Etat cette année, qui assumera l'intérim de la présidence si l'absence de Jacqueline Maurer devait se prolonger.