vaud

Jacqueline de Quattro appelle Berne à la rescousse

Un droit fédéral plus dissuasif et une relecture des Accords de Schengen: la ministre vaudoise de la Sécurité en appelle à la Confédération

La criminalité transfrontalière pose «d’épineux problèmes» et la conseillère d’Etat vaudoise Jacqueline de Quattro – d’entente avec son homologue genevoise Isabel Rochat – attend «un signal clair et un appui fort de la Confédération».

Présentant lundi les chiffres 2011 de la criminalité dans le canton, la ministre radicale s’est montrée claire d’emblée: «Je suis très préoccupée et je n’ai pas de bonnes nouvelles.» Si l’ensemble des chiffres sont en hausse par rapport à l’an passé – +18,5% d’infractions au Code pénal, +16,4% d’infractions à la loi sur les stupéfiants, +26,2% d’infractions à la loi sur les étrangers –, ce sont surtout les actes de brigandage (+34%) et les cambriolages (+14% de vols par effraction et +8% de vols par introduction clandestine) qui inquiètent.

Parce que les auteurs d’actes de brigandage «n’hésitent plus à s’en prendre à des vendeurs de kebabs pour un butin de 2000 francs», déplore le commandant de la police cantonale, Jacques Antenen. Et parce que la hausse du nombre de cambriolages illustre la progression de la criminalité transfrontalière. «Nous avons de dizaines de kilomètres de frontières difficiles à surveiller, explique Jacqueline de Quattro. Et la plupart des délits se concentrent dans les grands axes de transit des régions frontalières.»

Le canton de Vaud a pourtant pris «toutes les mesures», assurent les responsables: réorganisation de la police avec 9 corps au lieu de 30, placés sous commandement unifié; hausse des effectifs policiers avec 94 postes créés sur les cinq prochaines années; renforcement de la collaboration avec la France dans le cadre du Centre de coopération police-douane; développement du partenariat «police-population»; accélération des méthodes d’analyse ADN.

Collaboration Vaud-Genève

En outre, Jacqueline de Quattro a annoncé une collaboration renforcée avec Genève: «Isabel Rochat et moi faisons le même constat et nous avons décidé d’unir nos forces dans le domaine opérationnel. Nous pouvons par exemple améliorer le partage d’informations ou envisager des opérations communes.»

Mais la balle est surtout dans le camp de la Confédération, a réaffirmé la conseillère d’Etat. En accord avec Isabel Rochat, Jacqueline de Quattro en appelle d’abord à une amélioration de l’application des Accords de Schengen: «L’exemple du Danemark, qui a réintroduit certains contrôles aux frontières, montre que le cadre juridique le permet. Il faut donc davantage de contrôles et une augmentation du nombre de gardes-frontière. D’après mes sources diplomatiques, des améliorations sont en discussion entre les chefs de gouvernement européens, et une annonce devrait intervenir en juin.»

Jacqueline de Quattro plaide aussi pour un renforcement du caractère dissuasif du Code pénal, du code de procédure pénale et de la loi sur les stupéfiants. «On peut envisager une révision de certains textes», estime-t-elle. «Il faut réintroduire les courtes peines, réviser les conditions de détention provisoire et introduire la comparution immédiate», résume Jacques Antenen. Selon les deux responsables, la détention provisoire difficile à obtenir et, de manière générale, l’insuffisante sévérité de la réponse pénale en Suisse sont un «facteur attractif» pour les criminels qui viennent de l’étranger.

Enfin, la ministre invite la Confédération à «signer des accords de réadmission que nous attendons depuis longtemps pour pouvoir expulser certains criminels étrangers multirécidivistes».

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